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Glenn Greenwald, un journaliste de "combat" contre l'espionnage américain

07/06/2013 12:36 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

Ancien blogueur et avocat, le journaliste américain Glenn Greenwald, qui fait trembler Washington avec ses révélations sur l'espionnage informatique américain, se pose en ardent défenseur d'une presse de "combat" traquant les atteintes aux libertés individuelles.

Avec son retentissant scoop, ce chroniqueur du quotidien britannique The Guardian a accédé à une soudaine notoriété dont il profite pour égratigner la réaction de l'administration Obama après la mise au jour d'un système d'espionnage des non-Américains via Facebook ou Skype.

"Le gouvernement continue son orgie de poursuites contre les informateurs, et essaye de criminaliser le journalisme et de bâtir un réseau de surveillance massif qui détruit la vie privée", écrit-il vendredi dans l'édition américaine du Guardian qu'il a rejointe en août après avoir officié cinq ans et demi dans le magazine en ligne Salon.

Dans les quatre livres qu'il a publiés comme dans ses articles ou posts, M. Greenwald, 46 ans, n'a de cesse d'identifier les "ennemis" de la liberté de la presse aux Etats-Unis où le "Patriot Act", adopté dans la foulée des attentats du 11 septembre, a renforcé les pouvoirs de surveillance de l'administration.

"Il semble y avoir cette idée à Washington qu'à partir du moment où le mot Top secret est apposé quelque part, nous devrions trembler et les laisser faire ce qu'ils veulent en toute opacité et sans avoir aucun compte à rendre", assure-t-il.

Ce reporter, qui confesse être "quasiment analphabète" en informatique, n'hésite pas à comparer la période actuelle aux années sombres de la présidence de Richard Nixon dans les années 1970, poussé à la démission par les révélations du Washington Post sur le scandale du Watergate.

Sans surprise, il a pris fait et cause pour le soldat Bradley Manning, jugé aux Etats-Unis pour avoir fait fuiter des milliers de documents confidentiels à Wikileaks, et a enquêté sur ses conditions de détention.

De son ancien métier d'avocat qu'il a notamment exercé pour de grandes entreprises à New York, M. Greenwald, a conservé un principe: "Les gens disent des choses et je prends pour acquis qu'ils mentent et je cherche les documents qui le prouvent", détaille-t-il dans le New York Times de jeudi.

Sa conscience politique, ce natif de Floride (sud-est) l'a en partie façonnée au travers de son homosexualité et du sentiment d'être différent. "Quand vous grandissez en étant gay, vous ne faites pas partie du système et cela vous force à l'évaluer: +est-ce moi ou est-ce que le système qui est mauvais+?", explique-t-il.

Selon le quotidien, il passe aujourd'hui la majeure partie de son temps au Brésil où il vit avec son compagnon en attendant que le gouvernement fédéral américain légalise le mariage homosexuel.

Inclassable politiquement, il confesse avoir d'abord pensé que George W. Bush avait fait du "bon boulot" après les attaques du 11 septembre avant de dénoncer les abus de son administration dans son second livre intitulé "un Héritage tragique" ("A Tragic Legacy").

Placé sous les projecteurs et croisant le fer avec la puissante agence d'espionnage américaine (NSA), ce quadragénaire à l'allure sage assure n'écouter que d'une oreille les mises en garde de ses proches qui se disent "inquiets" pour lui.

"Ce que je fais est dans la droite ligne de la Constitution (américaine, ndlr) et je ne m'inquiète pas", affirme-t-il.

jt/jca

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