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Barack Obama défend un nécessaire compromis entre vie privée et sécurité

07/06/2013 01:34 EDT | Actualisé 07/08/2013 05:12 EDT

Le président Barack Obama a défendu vendredi la légalité et l'importance des collectes secrètes de données par le renseignement américain, assurant à ses compatriotes que seules les communications des étrangers sur internet étaient espionnées.

Le président réagissait pour la première fois aux révélations successives sur deux programmes secrets de l'Agence nationale de sécurité (NSA): l'un concerne la récolte depuis 2006 des données d'appels téléphoniques aux Etats-Unis par l'opérateur Verizon, et vraisemblablement d'autres; l'autre, nommé PRISM, vise à intercepter les communications d'internautes étrangers se situant hors des Etats-Unis sur neuf grands réseaux sociaux comme Facebook.

"Personne n'écoute vos appels téléphoniques", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse en Californie. "La communauté du renseignement examine les numéros de téléphone et la durée des appels. Ils ne regardent pas le nom des gens. Et ils n'examinent pas le contenu", a-t-il expliqué.

Sur le système PRISM d'espionnage d'internet et des courriels, Barack Obama a martelé que "cela ne s'appliquait pas aux citoyens américains. Cela ne s'applique pas aux personnes qui vivent aux Etats-Unis".

Le président a souligné que des "compromis" entre la protection de la vie privée et les exigences de la lutte antiterroriste étaient nécessaires.

"En théorie, on peut se plaindre de Big Brother et de la façon dont ce programme pourrait potentiellement dégénérer, mais quand on regarde vraiment les détails, je pense que nous avons trouvé le bon équilibre", a-t-il assuré.

Ses déclarations visaient à rassurer le public américain, qui soupçonnait l'existence de tels programmes sans avoir jamais pu en examiner ni les détails ni l'ampleur.

De nombreux parlementaires soutiennent l'exécutif

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"L'administration a désormais perdu toute crédibilité sur ce sujet", condamnait avant l'intervention présidentielle le New York Times dans un éditorial. "M. Obama prouve le truisme selon lequel l'exécutif utilisera tous les pouvoirs qui lui sont donnés, et en abusera".

Entre 2007 et 2011, les sites de Microsoft, Google, Yahoo!, Facebook, YouTube, Skype, AOL, Apple et PalTalk ont commencé à être intégrés dans un programme secret de l'Agence nationale de sécurité (NSA) pour que ses analystes puissent consulter directement et en temps réel les courriels envoyés sur Hotmail ou Gmail, ainsi que toute conversation, photos, vidéos, et chats internet sur ces sites. Le site Twitter ne fait pas partie du programme.

L'existence de PRISM a été révélée simultanément jeudi par les quotidiens Washington Post et The Guardian, mais le patron du renseignement américain, James Clapper, a relevé de "nombreuses inexactitudes" dans leurs articles.

De fait, des questions demeuraient sur le degré d'implication, voire de connaissance, des neuf sociétés internet. Elles ont catégoriquement démenti donner un "accès direct" à la NSA, utilisant le même terme.

"Nous n'avons jamais entendu parler de PRISM", a affirmé le porte-parole d'Apple, à l'instar des autres firmes.

De nombreux parlementaires des deux partis soutiennent l'exécutif, affirmant qu'un attentat terroriste a été déjoué grâce aux saisies des données téléphoniques.

Comme l'a souligné M. Obama vendredi, les élus du Congrès ont renouvelé à de larges majorités la vaste loi antiterroriste "Patriot Act", votée après le 11-Septembre.

Mais certains reconnaissaient que le débat sur l'équilibre entre protection de la vie privée et raison d'Etat méritait d'être relancé.

"Je pense qu'il y a des façons de maintenir la sécurité du pays, d'accéder aux données de ceux que nous soupçonnons, sans que les données soient accumulées de cette manière", a expliqué le républicain Bob Corker.

"Je pense que quand des Américains qui respectent la loi téléphonent, qui ils appellent, quand ils appellent et d'où ils appellent sont des informations privées", a dit Ron Wyden, un démocrate.

"Les deux derniers jours ont montré qu'il fallait plus de transparence", résume pour l'AFP Mark Rumold, de l'Electronic Frontier Foundation.

"Si la NSA a une porte d'entrée dans Google, c'est presque le pire cauchemar des gens".

ico/jca

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