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Un militant antifasciste meurt après avoir été battu par des skinheads à Paris

06/06/2013 06:46 EDT | Actualisé 06/08/2013 05:12 EDT

PARIS - Une bande de skinheads a battu à mort un jeune militant antifasciste au coeur du quartier commercial de Paris, ont annoncé des responsables jeudi, une attaque qui fait craindre une hausse des violences causées par des partisans de l'extrême droite.

Les tensions politiques sont fortes en France, après des mois de manifestations contre la légalisation du mariage homosexuel qui se sont parfois terminées par des affrontements entre les forces de l'ordre et des militants de l'extrême droite.

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a expliqué qu'une bagarre avait éclaté mercredi soir entre deux groupes de jeunes dans une rue piétonne située près des grands magasins du boulevard Haussmann, dans le IXe arrondissement. À un certain moment, le militant antifasciste de 19 ans a été battu par plusieurs skinheads, selon le ministre de l'Intérieur.

Le jeune homme, Clément Méric, a d'abord été hospitalisé dans un état grave, avant de succomber à ses blessures jeudi, a déclaré Agnès Thibault-Lecuivre, porte-parole du bureau du procureur de Paris.

Quatre suspects âgés de 20 à 37 ans, qui auraient des liens avec des mouvements d'extrême droite, ont été arrêtés, a indiqué Mme Thibault-Lecuivre.

On ne sait pas très bien comment l'affrontement a commencé ni combien de personnes étaient impliquées.

Des politiciens de toutes les allégeances ont dénoncé ces violences, notamment le président François Hollande. Le ministre de l'Intérieur a dirigé sa colère vers les skinheads.

«Il n'y a pas de place pour les petits groupes néo-nazis dont l'ennemi est la nation», a déclaré Manuel Valls. «Un groupe d'extrême droite est au coeur de cette affaire. (...) Il y a un discours de haine et un climat qui favorise ce discours. Nous devons y porter attention, parce que cela menace nos valeurs.»

La chef de file de l'extrême droite française, Marine Le Pen, a tenté de prendre ses distances avec les violences, affirmant qu'elles ne devaient pas être mises dans le même panier que son parti, le Front national.

Plusieurs groupes politiques et civils ont manifesté jeudi dans différentes villes de France pour dénoncer la violence et honorer la mémoire de Clément Méric. Un rassemblement a notamment eu lieu devant l'Institut d'études politiques de Paris, où le jeune homme étudiait.

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