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Turquie: Washington critique Erdogan pour ses propos sur les "terroristes"

06/06/2013 03:34 EDT | Actualisé 06/08/2013 05:12 EDT

La diplomatie américaine a demandé jeudi à ce que les dirigeants turcs s'abstiennent de tenir des propos "inutiles" après que le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan eut dénoncé l'implication de "terroristes" dans le mouvement de contestation dans son pays.

C'est la cinquième fois en une semaine que Washington s'exprime sur les manifestations en Turquie, un pays allié des Etats-Unis.

"Nous continuons de soutenir, bien entendu, les individus qui manifestent pacifiquement et exercent leur liberté d'expression et nous encourageons les responsables là-bas à éviter toute rhétorique inutile, tout commentaire inutile, qui ne contribuent pas à apaiser la situation en Turquie", a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki.

La responsable américaine était interrogée sur les déclarations de M. Erdogan à Tunis jeudi, qui a dénoncé la présence d'"extrémistes" dans les manifestations, certains "impliqués dans le terrorisme", montrant du doigt le groupe d'extrême gauche turc interdit DHKP-C (Front révolutionnaire de libération du peuple) qui avait revendiqué un attentat en février contre l'ambassade des Etats-Unis à Ankara.

Sans citer nommément le chef du gouvernement turc, Mme Psaki a rétorqué que la "vaste majorité des individus (qui manifestent) sont des citoyens ordinaires qui exercent leurs droits à la liberté d'expression".

La porte-parole a rappelé que le secrétaire d'Etat John Kerry avait exprimé cette semaine ses "inquiétudes" à propos des manifestations et de la réponse policière auprès de son homologue turc Ahmet Davutoglu.

Après cet entretien téléphonique visiblement vif entre les deux ministres, le Turc avait répondu que son pays n'était pas une "démocratie de seconde classe".

"La Turquie reste une alliée proche au sein de l'Otan, un partenaire sur nombre de dossiers, y compris la Syrie", a insisté Mme Psaki, tout en rappelant que les Etats-Unis "soulevaient certaines questions avec la Turquie (...) notamment celles des droits de l'homme, comme c'est le cas aujourd'hui".

nr/lor

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