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Rosberg : « Ça pourrait se jouer aux pneus » 

06/06/2013 04:16 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

Les pneumatiques ont fait couler beaucoup d'encre cette saison en formule 1. Encore à Montréal, ils sont au centre de toutes les conversations.

D'abord parce que la FIA a décidé que son Tribunal international trancherait sur la participation de Mercedes-Benz à des essais privés Pirelli avec une voiture de l'année.

Ensuite, parce que Pirelli compte mettre à l'essai ses nouveaux pneus avec structure de kevlar, vendredi.

Et finalement, parce que le circuit Gilles-Villeneuve a la réputation de faire la vie dure aux caoutchoucs.

Rosberg rejette la responsabilité

« Ce n'est pas de mon ressort », lance Nico Rosberg à propos de la décision de la FIA, jeudi.

« Je me concentre à gagner des courses et c'est à l'équipe de gérer cela », tranche le pilote Mercedes.

L'écurie allemande, qui a 45 jours pour préparer sa défense, a également réagi par voie de communiqué. « Nous prenons acte de la décision de la FIA et nous profiterons de l'occasion pour expliquer tous les faits entourant cet essai. L'intégrité sportive est d'une importance primordiale pour Mercedes-Benz et nous avons totale confiance dans la façon de faire de la FIA. »

Sebastian Vettel, sur Red Bull, n'avait pas encore digéré ce qu'il qualifie d'injustice.

Questionné sur de nouvelles règles d'essais pneumatiques qui pourraient entrer en vigueur l'an prochain, il a déclaré que « peu importe si on a droit à quatre essais, tant que toutes les équipes en ont le même nombre. Si une équipe en a cinq, on a le même problème. »

« Ce que je sais, c'est qu'il est interdit de faire des essais en saison avec la voiture de l'année. La décision de la FIA est la bonne. C'est ainsi qu'on doit procéder si on s'en tient au règlement », martèle-t-il.

Des essais à l'eau?

Les pneus 2013, à structure d'acier, déplaisent à certaines équipes. Le délaminage les guette à cause de leur tendance à surchauffer.

« De notre côté, on estimait que ça posait un problème pour la sécurité des pilotes » commente Vettel, meneur au classement.

Comme le fabricant Pirelli a écarté cette thèse, le changement de pneumatiques ne peut être imposé.

C'est donc à l'essai que les pneus à structure de kevlar seront utilisés à Montréal.

« Procéder à des tests les fins de semaine de Grand Prix, ça se fait. On l'a déjà fait au Brésil l'an dernier notamment, rappelle Sam Michael, directeur sportif chez McLaren. On se sert des 40 premières minutes de la séance, qui ne sont pas très productives autrement. »

« La voiture pourrait être affectée par le changement de pneus comme elle pourrait réagir normalement. Chose sûre : si Pirelli veut apporter des changements à ses pneus dans l'objectif de les améliorer, nous les appuyons », assure Michael.

Tout le monde n'est pas du même avis. « Notre voiture se comporte relativement bien avec les pneus actuels. Essayer de nouveaux pneus vendredi bouleverse notre programme de travail. Nous avons d'autres choses sur lesquelles nous pencher », rétorque Cyril Abiteboul, patron chez Caterham.

Mais voilà, s'il pleut vendredi, les pneumatiques en kevlar ne sortiront pas des garages. Et comme ils ne peuvent être transportés sur leurs jantes auxquelles ils ont été collés dans la journée de jeudi, Pirelli devra les détruire sans avoir pu les tester. Résultat : 176 pneus aux vidanges et de lourdes dépenses inutiles.

En effet, à cause du court préavis, Pirelli a dû faire livrer les pneus en kevlar par avion plutôt que par bateau. Une opération coûteuse.

Une piste mange-pneus

« Les pneus seront un enjeu très important. Ce sera peut-être ce qui décidera du gagnant », estime Nico Rosberg, détenteur des trois dernières poles.

Contrairement à la majorité des pistes, le circuit Gilles-Villeneuve n'accueille que le Grand Prix du Canada pendant l'année. Conséquemment la piste est sale et glissante. Ajoutez à cela un asphalte abrasif et la longue ligne droite suivie d'un gros freinage et vous avez une piste dure pour les pneus.

« La qualification est moins importante cette fois-ci, car certains pilotes devront gérer la dégradation de leurs pneus et seront plus faciles à dépasser », prévoit Rosberg.

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