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Les Alouettes prennent le temps de former la relève, même chez les entraîneurs

06/06/2013 05:33 EDT | Actualisé 06/08/2013 05:12 EDT

SHERBROOKE, Qc - Pour les Alouettes de Montréal, il est important de redonner à la communauté québécoise de plusieurs façons. C'est pourquoi l'organisation se fait un devoir d'inviter des entraîneurs des niveaux collégial et universitaire à ses camps d'entraînement année après année.

«Pendant le camp des recrues, tous les entraîneurs du Sport interuniversitaire canadien, des cégeps et du niveau junior sont invités, a noté le directeur général Jim Popp. C'est un mandat qui est très important à mes yeux. On doit avoir du temps pour les entraîneurs. Évidemment, tous nos entraîneurs-chef ont un mot à dire sur l'ampleur de la participation de ces entraîneurs invités.»

Sous Marc Trestman, qui a quitté pour accepter le poste d'entraîneur-chef des Bears de Chicago après cinq saisons à Montréal, leur participation était limitée aux entraînements. Mais pour ce premier camp sous Dan Hawkins, les quatre entraîneurs invités — Ross Cammalleri (collège André-Grasset), Derek Auswalt (Université Fairmont State), Chris Saunders (Menlo College) et Maurice Drayton (Université Southern Mississipi) — bénéficient d'un accès complet, y compris lors des très secrètes réunions d'équipe, où sont présentées toutes les stratégies et formations qui seront utilisées en cours de saison.

Cammalleri — oui, oui, le cousin de l'ancien attaquant du Canadien de Montréal Mike — est emballé par son séjour au camp des Alouettes, sur le campus de l'université Bishop's, à Sherbrooke. Il a obtenu une invitation grâce à Noel Thorpe, coordonnateur à la défensive, qu'il a connu lors d'une expérience similaire avec les Eskimos d'Edmonton, il y a quelques années. Pour lui, l'expérience acquise au cours des deux semaines qu'il passera autour de l'équipe n'a pas de prix.

«La première chose qu'on retient d'une telle expérience, c'est l'organisation d'un entraînement. Ces gens-là sont hyper organisés. Ensuite, c'est la façon de communiquer avec les joueurs. Puis, évidemment, on retire une tonne d'informations sur les strtagèmes et les formations. Mais on est d'abord et avant tout ici pour aider ces gens, alors on fait tout ce qui doit être fait pour leur venir en aide et on absorbe tout ce qu'on peut en même temps.»

Dès sa première participation à un camp professionnel, Cammalleri a vu une différence dans son travail à André-Grasset, où il est coordonnateur des unités spéciales, entraîneurs des demis défensifs et un employé du services des sports du cégep montréalais.

«Une tonne de différence! Je suis plus confiant en mes moyens et j'ai noté une différence sur la façon dont je communique avec les joueurs et dans la façon que nous menons nos entraînements.»

Deux entraîneurs du Québec

Les Alouettes sont fiers de leur implications sociale au Québec et ils estiment que le développement des entraîneurs en fait partie. Même si l'équipe n'annonce pas toujours l'arrivée d'entraîneurs invités — «Nous ne le faisons pas pour la publicité, même si plusieurs nous disent qu'on devrait en parler davantage», a indiqué Popp — ils sont les bienvenus.

D'ailleurs, les Alouettes annonceront dans quelques jours que deux entraîneurs québécois se joignent à l'équipe sur une base bénévole.

«Le job d'entraîneur au football professionnel n'est pas pour tout le monde, a souligné Popp, qui n'a pas voulu immédiatement identifier qui sont ces deux entraîneurs. Il faut y mettre les heures sans compter et si vous avez une femme et des enfants, il faut vous assurer qu'ils comprennent bien — et que vous compreniez bien — dans quoi vous vous embarquez.

«L'un de ces deux entraîneurs a d'ailleurs un travail à temps plein, mais il ne commence qu'en après-midi. Alors il pourra participer à tous les entraînements et réunions matinales avant de quitter pour réclamer son salaire. Il dirige au football amateur en plus. C'est un vrai passionné.»

Dany Maciocia, qui dirige actuellement les Carabins de l'Université de Montréal, a amorcé sa carrière de cette façon.

«Il est venu travailler pour nous de façon bénévole pendant un an en 1996. Puis, du jour au lendemain, il est devenu notre entraîneur des demis, puis notre coordonnateur à l'attaque, puis l'entraîneur-chef des Eskimos et leur directeur général. Dany Maciocia est le meilleur exemple qu'on puisse donner sur la façon dont on peut faire son chemin en étant un entraîneur invité.

«Ce n'est pas facile de trouver quelqu'un qui veuille donner de son temps de la sorte. Alors on tente de faire notre part en aidant ceux qui sont prêts à le faire. On veut être les leaders dans ce domaine et accomoder ces gens du mieux qu'on peut. On tente de redonner le plus qu'on peut, par tous les moyens possibles.»

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