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Garderies privées: les négociations échouent avec la ministre Léger

06/06/2013 04:09 EDT | Actualisé 06/08/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Les représentants de 210 garderies privées ont frappé un mur, jeudi, dans leur tentative de convaincre le gouvernement de jeter du lest sur les compressions de 14,9 millions $.

Plus de deux heures de négociation avec la ministre de la Famille, Nicole Léger, à son bureau de Québec, n'ont pas permis de dénouer l'impasse avec les établissements membres de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ).

«Ça fait trois mois que je suis en négociation, ça fait sept rencontres et ils n'ont jamais eu de volonté de régler, ils n'ont pas la volonté de faire l'effort budgétaire», a lâché la ministre Léger, en conférence de presse.

Non seulement les garderies de l'AGPQ devront éponger les compressions de près de 15 millions $, elles devront aussi assumer les pénalités de 800 000 $ que leur impose la ministre pour avoir fait la grève le 22 mai.

Après la rupture des pourparlers, le président de l'AGPQ, Sylvain Lévesque, manquait de mots pour exprimer sa frustration envers le gouvernement dirigé par Pauline Marois. La ponction exigée par Québec représente une facture de 28 000 $ pour un établissement de 80 places, a-t-il rappelé.

«Qu'ils demandent aux députés du Parti québécois de redonner 28 000 $ de leur salaire annuellement pour voir et que Mme Marois le fasse. Elle est en train de se défouler sur des PME qui travaillent fort! Ça n'a pas de bon sens, ça n'a pas d'allure, je n'ai jamais vu une négo aussi stupide», a lancé M. Lévesque.

Les compressions auront un impact sur les services et la ministre de la Famille devra en accepter l'odieux, a poursuivi le volubile représentant des établissements de garde privés.

«C'est énorme, il va falloir resserrer nos budgets, il va y avoir des coupes dans les services. (...) Mme Léger, ce qu'elle a à coeur, c'est l'argent, nous, on a à coeur la qualité», a-t-il débité.

Son collègue vice-président de l'AGPQ, Samir Alahmad, a évoqué des coupes dans le matériel éducatif, récréatif, les sorties extérieures ou même chez les aides éducatrices.

«Sûr et certain qu'il va y avoir des coupures», a-t-il insisté.

En échange des compressions, l'AGPQ demandait au gouvernement de devancer d'un an, soit en 2016 plutôt qu'en 2017, le versement de la subvention prévue pour l'atteinte de l'équité salariale avec les éducatrices des Centres de la petite enfance (CPE).

Mais la ministre Léger a rejeté la proposition du revers de la main.

«Ce n'est pas un effort d'aménagement, c'est une facture qu'il me refile. On n'est pas du tout dans le même ordre. Ils me font une demande pour une subvention supplémentaire versée plus rapidement. Ils me font une demande de facture», a-t-elle expliqué.

Par crainte des sanctions, les garderies membres de l'AGPQ ne feront pas de nouveaux débrayages mais continueront de manifester leur mécontentement pendant les week-ends, a indiqué M. Lévesque.

Selon lui, l'entente de principe conclue le 4 juin avec les 149 établissements du Rassemblement des garderies privées du Québec (RGPQ) n'est pas un compromis acceptable, loin de là.

Cette entente, à son avis, est inéquitable car elle favorise certains établissements par rapport à d'autres.

«On va faire absorber à 60, 70 garderies la coupe de 15 millions $ pour ne pas couper celles qui ont des salaires plus élevés. On va les mettre en péril, ça n'a pas de sens cette modulation. (...) On préfère vraiment que tout le monde soit coupé de façon équitable», a-t-il affirmé.

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