NOUVELLES

Elliot Lake : la crédibilité d'ingénieurs remise en doute

06/06/2013 03:48 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

La crédibilité de deux ingénieurs, qui ont qualifié la structure du Centre Algo de « saine », deux moins avant son effondrement, est sérieusement remise en doute, à la Commission d'enquête sur Elliot Lake.

Gregory Saunders et Robert Wood, de la firme M.R. Wright & Associates, de Sault-Sainte-Marie, témoignent jeudi, à l'enquête publique sur la tragédie, qui a fait deux victimes et plusieurs blessés. Leur rapport d'inspection, daté de mai 2012, ne fait état d'aucun avertissement, même si le Centre Algo était reconnu pour son toit qui fuyait depuis plusieurs années.

Gregory Saunders a reconnu, jeudi, n'avoir jamais inspecté le Centre Algo pour ce rapport, et a plutôt co-signé le document préparé par Robert Wood, en se basant sur les photos qui se trouvaient à l'intérieur. Le document aurait cependant été modifié par la suite, afin d'y retirer des photos de poutres rouillées et atténuer la gravité des fuites d'eau. 

Gregory Saunders devait superviser le travail de Robert Wood, puisque celui avait perdu son titre d'ingénieur en 2011, dans une autre affaire. Il pouvait faire des inspections, mais sous la supervision d'un ingénieur agréé. Après une discussion de 45 minutes, les deux hommes ont déterminé que la structure du Centre Algo était intègre. 

Lors de son témoignage, jeudi matin, l'ingénieur a aussi admis qu'il connaissait l'historique du bâtiment, reconnu pour ses fuites d'eau. Il ne se rappelait cependant pas avoir signé de nombreux rapports sur la question dans le passé. Gregory Saunders a reconnu qu'il n'avait pourtant jamais agi, mais s'est dit étonné que le propriétaire non plus n'ait pas corrigé la situation.

Robert Wood a aussi amorcé son témoignage, jeudi après-midi. Il s'est contenté de répéter qu'il n'était pas au courant des fuites d'eau, pourtant importants et récurrentes, au Centre Algo. 

Une partie du toit s'est effondrée, en juin, et l'enquête publique a, jusqu'à maintenant, déterminé qu'une poutre rouillée a cédé, après quoi une dalle de béton est tombée près de l'aire de restauration.

Écouter en direct :

Autres accusations

Dans une autre affaire, le ministère ontarien du Travail allègue que l'ingénieur Robert Wood a mis en danger un travailleur en donnant des conseils négligents. Les accusations ne sont pas de nature criminelle, mais elles relèvent des lois sur la santé et la sécurité.

L'ingénieur a déjà été déclaré coupable d'une faute professionnelle en 2010.

PLUS:rc