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Wurz marqué par Montréal

05/06/2013 10:51 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

La carrière d'Alexander Wurz est intimement liée au circuit Gilles-Villeneuve. Il témoigne de ses émotions vécues à Montréal au micro de Radio-Canada Sports.

Un texte de Philippe Crépeau

Le pilote autrichien y a connu la joie de commencer sa carrière de titulaire, la peur de se faire mal dans un accident mémorable et la chance d'y obtenir le dernier podium de sa carrière en F1.

Sa première expérience de pilote en Grand Prix ( il avait un contrat de pilote d'essais), il l'a vécue à Montréal pour l'équipe Benetton, en 1997.

« C'était extraordinaire de disputer ma première course sur une piste aussi prestigieuse que celle de Montréal, explique Wurz, quand joint par téléphone par Radio-Canada Sports. Je me souviens très bien du coup de fil de Flavio (Briatore), qui m'a averti deux jours avant que j'allais remplacer Gerhard (Berger) qui était malade. J'ai pris le Concorde jusqu'à New York, puis un avion privé pour pouvoir participer au week-end. »

Wurz roulait en quatrième position quand un problème mécanique l'a contraint à abandonner.

L'année suivante, le Grand Prix du Canada a marqué sa carrière au point qu'on lui en parle encore. Tout de suite après le départ, dans l'étau du virage no 1, sa Benetton a été catapultée dans une série de tonneaux quand il a heurté la Prost de Jean Alesi. Quatre tonneaux pour la postérité, qui le poursuivent encore.

« Ça a fait la une des journaux, même aux États-Unis, se souvient-il. Et encore aujourd'hui, presque à chaque week-end, on me demande d'autographier des photos de cet accident spectaculaire. Je n'ai pas été blessé, et j'ai pu prendre le mulet qu'on avait le droit d'utiliser à l'époque. Et en partant de la ligne des puits, j'ai pu finir 4e. J'étais très fier de ma course, mais ça, les gens ne s'en souviennent plus », admet-il, sans amertume.

En 2007, Wurz pilotait pour Williams. Il se souvient avec émotion de la course, car il avait quelques jours avant de discuter avec sa femme, Julia, de la possibilité d'arrêter la F1, après 10 ans au plus haut niveau.

« J'avais dit à Julia que je me sentais fatigué après toutes ses années en F1, et que je ne me sentais plus capable de donner 100 % de moi-même, ce qui est primordial contre les meilleurs pilotes au monde. Elle m'a répondu de ne pas précipiter ma décision, et d'attendre de voir comment se déroulerait la saison. »

« La course a été difficile, car je devais surveiller très étroitement l'état de mes pneus, se rappelle-t-il. Comme c'est le cas d'ailleurs cette année en F1. Mais je me suis bien débrouillé, car je partais depuis le milieu de la grille et j'ai fini 3e, tout juste derrière le 2e.

« Un beau résultat, car inattendu, mais qui ne m'a pas fait changé d'avis, précise Wurz. Vous savez, tous les sportifs ont une date d'expiration, et il faut connaître sa date avant que quelqu'un ne vous la rappelle, et vous foute à la porte. »

Aujourd'hui, Alexander Wurz est pilote d'endurance. Il participe aux 24 heures du Mans encore cette année, épreuve qu'il a déjà gagnée deux fois, en 1996 et en 2009.

Il voit ce qui se passe en F1, les enjeux financiers et les jeux politiques et constate que le roman que sa femme a écrit, titré SuperEgo, sur l'univers de la F1, les jeux politiques, les ambitions surdimensionnées de certains, est très près de la réalité.

« Ce n'est pas pour rien que le titre est SuperEgo. Et ceux qui l'ont lu me disent que ce n'est en fait pas une fiction. 99 % de ce qui est écrit dans le livre est vrai. Si vous aimez les jeux politiques, les coulisses, c'est très intéressant.

« C'est une industrie qui génère des milliards, et le pouvoir est entre les mains d'un tout petit nombre de personnes, rappelle-t-il. Donc, on peut imaginer tout ce qui se passe derrière les portes closes, et c'est très bien décrit dans le livre. »

Julia Wurz a puisé dans son expérience de chef des relations publiques de l'équipe F1 Benetton pour écrire son premier roman. Elle travaille actuellement à le faire adapter à l'écran.

Alexander Wurz tentera les 19 et 20 juin de se qualifier pour les 24 heures du Mans dans la Toyota TS 030 Hybride no 7. La course a lieu du 22 au 23 juin.

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