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USA: Chrysler refuse le rappel de véhicules Jeep demandé par la NHTSA

05/06/2013 05:24 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

WASHINGTON - Le constructeur automobile Chrysler refuse de procéder au rappel de quelque 2,7 millions de véhicules Jeep, qui présenteraient, selon les autorités américaines, un risque d'incendie du réservoir à essence lors d'un impact à l'arrière.

Dans une lettre acheminée à la compagnie, le bureau américain de la sécurité routière (National Highway Traffic Safety Administration - NHTSA) demande à ce que Chrysler procède volontairement au rappel de ses modèles Jeep Grand Cherokee des années 1993 à 2004 et les Jeep Liberty de 2002 à 2007.

Chrysler, dont l'actionnaire principal est le groupe italien Fiat SpA, a fait savoir dans un communiqué, mardi, que les véhicules étaient sécuritaires et qu'elle n'avait donc «pas l'intention de les rappeler».

Le patron de la NHTSA, David Strickland, espère quant à lui que le fabricant reviendra sur sa décision.

«Selon ce que nos données démontrent, il pourrait y avoir un défaut de fabrication dans ces véhicules, pouvant représenter un risque sérieux à la sécurité (des passagers)», a-t-il soutenu dans un communiqué.

La NHTSA avait ouvert une enquête sur les véhicules de marque Jeep en août 2010, à la demande du Center for Auto Safety, une association de protection des automobilistes à Washington. Le directeur du groupe, Clarence Ditlow, avait envoyé plusieurs lettres à Chrysler pour exiger un rappel de ces véhicules.

Les conclusions de l'enquête ont permis de déterminer que le réservoir à essence de ces Jeep risquait de se fissurer en cas d'impact à l'arrière du véhicule, ce qui pourrait provoquer une fuite d'essence et éventuellement un incendie. L'emplacement des réservoirs à l'arrière de l'essieu constitue un défaut de conception, a déploré la NHTSA dans une lettre adressée à Chrysler et datée du 3 juin.

Le réservoir de carburant des Grand Cherokee est installé devant l'essieu arrière depuis 2005, et le même changement avait été appliqué deux ans plus tard pour les modèles Liberty. Or, le repositionnement du réservoir sur les véhicules plus anciens serait une démarche longue et coûteuse. Dans un rappel semblable effectué par Toyota en 2011 pour 1,7 million de ses véhicules, un expert avait estimé que le coût de l'opération avait atteint 240 millions $.

Chrysler juge que les conclusions de l'enquête de la NHTSA sont basées sur une analyse incomplète.

De façon générale, les constructeurs automobiles acceptent de procéder aux rappels de véhicules, notamment pour éviter une mauvaise presse. Au cours des trois dernières années, Chrysler a mené 52 rappels de ses véhicules.

Le dernier refus du fabricant en la matière remonte à 1996, lorsque la NHTSA avait demandé le rappel de 91 000 Stratus de Dodge et Cirrus de Chrysler pour un possible défaut de fabrication des ceintures de sécurité. Le bureau avait intenté une poursuite contre Chrysler et avait remporté sa cause en cour fédérale. Deux ans plus tard, une cour d'appel avait renversé ce jugement.

La NHTSA a le pouvoir de convoquer des audiences publiques sur le dossier et d'ordonner un rappel, mais nécessite, pour ce faire, l'aval d'un tribunal.

Un autre géant de l'automobile, Ford, a aussi déjà refusé d'obtempérer à un rappel ordonné par la NHTSA, concernant 1,3 million de camionnettes relativement à un problème de coussins gonflables. Des pressions gouvernementales avaient finalement incité Ford à céder et procéder au rappel.

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