NOUVELLES

Susan Rice, une diplomate pas toujours très diplomatique

05/06/2013 11:16 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

Des coups, Susan Rice, nouvelle conseillère à la sécurité nationale de Barack Obama, en a reçus mais aussi donnés au Conseil de Sécurité des Nations unies, où elle représentait depuis 2009 les Etats-Unis face aux Russes et aux Chinois.

Après les huit années de présidence de George W. Bush, Susan Rice a porté la nouvelle image de l'Amérique dans le monde après l'élection de Barack Obama.

Mais elle s'est souvent montrée offensive, voire peu diplomatique, face à ses homologues russe et chinois dans les dossiers du conflit libyen et de la guerre en Syrie. Ses échanges tendus avec l'ambassadeur russe, Vitaly Churkin, sont légendaires.

"J'estime avoir perdu une journée si je ne me suis pas disputé avec l'ambassadrice Rice", plaisantait le Russe auprès du quotidien Washington Post, après un séminaire regroupant les 15 représentants des pays membres du Conseil de sécurité.

En décembre 2011, Susan Rice a accusé M. Churkin de "raconter n'importe quoi" sur les frappes de l'Otan en Libye pour détourner l'attention de la situation en Syrie.

Selon des diplomates, "conneries" ("crap") et "foutaises" ("bullshit") font partie du vocabulaire habituel de l'Américaine.

"Je ne donne pas des coups pour donner des coups. Mais si quelqu'un m'en donne et qu'il faut répondre en nature, effectivement je sais comment faire", confirmait-elle à la radio NPR en 2009 après sa nomination.

Susan Rice a commencé sa carrière publique au Conseil de sécurité nationale du président Bill Clinton, en 1993, chargée des organisations internationales et du maintien de la paix.

Elle y prend en 1995 le portefeuille des affaires africaines, avant de devenir secrétaire d'Etat adjointe aux Affaires africaines en 1997.

C'est l'époque du conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée, et du génocide au Rwanda auquel elle assiste, impuissante.

"Je me suis jurée que si je faisais à nouveau face à une telle crise, je prendrais le parti de l'action spectaculaire, et peu importe les conséquences pour moi", disait-elle dans une interview en 2001.

Ses partisans préfèrent rappeler son rôle dans le conflit du Sud-Soudan dans les années 1990 et 2000.

"Susan Rice est fidèle à ses principes", affirme John Prendergast, qui a travaillé avec elle sous l'administration Clinton et dirige aujourd'hui l'ONG Enough Project on Sudan.

"Le Soudan en est l'exemple même. Elle a travaillé assidûment pour la paix et la justice au Soudan depuis le milieu des années 1990. Personne ne connaît mieux le sujet qu'elle", dit-il à l'AFP.

Sa dernière bataille fut plus politique, et elle en fut la grande perdante.

Après l'attaque de la mission diplomatique de Benghazi, en Libye, par des miliciens islamistes le jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, c'est elle que l'administration Obama envoie sur cinq plateaux de télévision pour rendre compte aux Américains de l'état de l'enquête, cinq jours après.

Elle explique alors, sur la base d'éléments de langage fournis par les services de renseignement, que l'attaque semble avoir été le fruit d'une manifestation contre une vidéo islamophobe ayant dégénéré. Elle note que des éléments extrémistes ont participé, mais ses propos sont rapidement interprétés par les républicains comme une tentative pour protéger le bilan antiterroriste de Barack Obama, à moins de deux mois de l'élection présidentielle.

Sous le feu des républicains du Congrès, elle est forcée de se retirer de la course pour la succession d'Hillary Clinton au département d'Etat, un poste qui requiert un vote de confirmation du Sénat.

Celui de conseillère à la sécurité nationale ne nécessite pas d'aval parlementaire, privilège de l'exécutif dont profite aujourd'hui Barack Obama pour sa protégée.

tw-ico/jca

PLUS:afp