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Sauvetage de la Grèce : le FMI reconnaît ses erreurs

05/06/2013 06:01 EDT | Actualisé 05/06/2013 06:01 EDT
LOUISA GOULIAMAKI / AFP

Dans un document interne « strictement confidentiel », le Fonds monétaire international (FMI) admet avoir grandement sous-estimé l'impact négatif des mesures d'austérité qu'il a imposées à la Grèce.

Le FMI doit dévoiler jeudi les détails contenus dans ce document, mais le Wall Street Journal, qui en a obtenu copie, révèle que l'organisme international reconnaît avoir commis des erreurs vis-à-vis de la Grèce, pays que le FMI tente depuis trois ans d'extirper du marasme financier.

La récession sévit en Grèce depuis six ans et, dans le but de la juguler, le FMI a élaboré dès 2010 un plan de sauvetage destiné à permettre à Athènes de rembourser sa dette dans les délais requis.

Le FMI a consenti un prêt de 47 milliards de dollars à la Grèce et la première opération de sauvetage de l'économie grecque, en 2010, s'est élevée à 143 milliards de dollars, ce qui représente l'un des sauvetages financiers les plus coûteux de l'histoire.

Le FMI conclut maintenant que c'est la zone euro qui a bénéficié de cette vaste entreprise de renflouement, et non pas tant la Grèce. En effet, en répondant comme il l'a fait à la crise, le FMI estime avoir permis à l'Union européenne de gagner du temps et d'éviter que les 17 autres pays de la zone euro ne sombrent à leur tour.

Ni le FMI ni le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, n'ont voulu commenter le contenu de ce document confidentiel.

Plus tôt cette année, le ministre Stournaras avait demandé au FMI d'expliquer pourquoi ses prévisions économiques - quant aux mesures d'austérité imposées à son pays et quant à leur impact sur l'économie en Grèce - avaient à ce point raté leur cible.

Le document, dont le contenu a coulé mardi, constitue à ce jour l'analyse la plus significative du FMI au sujet de son implication dans la crise financière de la zone euro.