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Turquie: les opposants amassent plus de 90 000$ pour une pub dans le New York Times

05/06/2013 10:34 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT
AFP

Les opposants turcs ont décidé de faire entendre leur voix jusque dans les pages du prestigieux New York Times. Alors que les violences dans les principales villes du pays ont déjà fait deux morts, un projet de crowdfunding a réussi à lever des fonds pour l'achat d'un encart publicitaire dans le quotidien. Plus de 90 000$ avaient été levés mercredi matin.

Les trois auteurs de cet appel au don sont d'origine turque et vivent à New York: deux entrepreneurs dans les technologies et une designer. "Nous sommes des Turcs. Nous n'appartenons pas à des organisations, des partis et n'avons aucune affiliation" font valoir ces opposants au gouvernement d'Erdogan. Par cette publicité ils entendent porter la voix du mouvement turc, "OccupyGezi".

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"De nombreuses arrestations antérieures de journalistes, d'élus, les lois restreignant la vente d'alcool et la de-sécularisation systématique des générations futures par le gouvernement en charge d'islamiser les programmes scolaires, coïncident avec une notion troublante: le peuple de Turquie n'est pas écouté par son gouvernement. La volonté de continuer à démolir le parc de Geki, même après une opposition publique pacifique, s'est terminée par des attaques impitoyables menées par le gouvernement Turc. Le peuple est outragé. Dans un pays démocratique, sa voix est réduite au silence avec force."

"Il n'est pas seulement question d'un parc"

Les auteurs demandent un "soutien international". Il n'est pas juste question d'un parc expliquent-ils, et les Etats-Unis en premier lieu doivent se soucier de la situation en Turquie:

"La Turquie est depuis longtemps un exemple brillant de pays musulman démocratique et séculaire. Nous sommes l'un des alliés les plus loyaux des Etats-Unis au Moyen-Orient. Nous sommes des gardiens. Nous sommes des courtiers de la paix. Nous sommes un démocratie dans une partie du monde qui a cruellement besoin de voix et de pratiques démocratiques. "

1889 contributeurs ont répondu à l'appel. La diffusion doit se faire dans le New York Times où une page complète de publicité dans la section internationale peut coûter plus de 140 000 $. Dans le Wall Street Journal, autre quotidien un temps étudié par les trois auteurs, la page complète coûte 30 000 $ environ.

Si les opposants se tournent vers les médias internationaux, c'est aussi, selon eux, en raison de l'attitude de la presse turque.

" Il n'est pas seulement question d'un parc. Ce mouvement ne serait pas né si les principaux médias turcs avaient couvert les émeutes depuis le début. A la place, les liens entre les médias et le gouvernement ont contraint les manifestants turcs à utiliser les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter (tout deux "une menace pour la société" selon le Premier ministre Erdogan) pour attirer l'attention des sources d'informations étrangères."

Sur Internet, certaines personnes s'interrogent sur le sens de cette campagne menée par trois inconnus. Si des internautes remettent en question l'utilité d'une telle dépense, d'autres font remarquer que ce dont a actuellement besoin le peuple turc c'est d'une visibilité autour de son mouvement, et non d'une aide humanitaire. Cette campagne rappelle en tout cas celle du mouvement Occupy Wall Street. En novembre 2011, les manifestants avaient levé 6000 $ pour financer un spot publicitaire de 30 secondes.

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