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Massacre de 16 villageois en Afghanistan: le soldat Bales plaide coupable

05/06/2013 01:17 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

BASE LEWIS-MCCHORD, États-Unis - Le soldat américain accusé d'avoir tué 16 villageois afghans lors de raids nocturnes l'an dernier a plaidé coupable pour éviter la peine de mort, mercredi, avant de décrire chaque meurtre en détails devant le juge.

Afin d'échapper à la peine de mort, le soldat Robert Bales a plaidé coupable à 16 accusations de meurtre prémédité et à d'autres accusations lors d'une audience à la base militaire Lewis-McChord, dans l'État de Washington. Il a ensuite lu une déclaration écrite d'une voix claire et ferme, expliquant comment il avait tiré sur chacun des villageois.

Le soldat de 39 ans a déclaré qu'il avait quitté la base où il était posté, dans le sud de l'Afghanistan, en mars 2012, et qu'il s'était rendu dans les villages à proximité. Une fois arrivé, il affirme avoir «formulé l'intention» de tirer sur ses victimes les unes après les autres.

«Cet acte n'avait aucune justification légale, monsieur», a-t-il dit au juge.

La plupart des victimes étaient des femmes et des enfants, et certains corps ont été brûlés. Des proches des victimes ont déclaré à l'Associated Press qu'ils étaient furieux que le soldat échappe à la peine de mort après avoir commis l'un des pires massacres de la guerre en Afghanistan.

Le juge militaire, le colonel Jeffery Nance, a annoncé par la suite qu'il acceptait son plaidoyer de culpabilité, ce qui permet à Robert Bales d'échapper à la peine de mort. Il sera donc condamné à la prison à vie. Un jury décidera en août s'il pourra éventuellement bénéficier d'une libération conditionnelle.

L'un des procureurs, le lieutenant-colonel Jay Morse, a souligné durant l'audience que le témoignage de Robert Bales contredisait ce qu'il avait admis précédemment dans une déclaration écrite.

M. Morse a noté que le soldat avait déclaré devant la cour avoir pris la décision de tuer chacune des victimes en prenant son arme et en la pointant sur elles. Mais dans la déclaration écrite, Robert Bales a affirmé qu'il s'était bagarré avec l'une des femmes avant de la tuer, et qu'«après l'empoignade», il avait décidé de «tuer tous ceux qu'il voyait».

Le juge a questionné le soldat à ce sujet, et il a confirmé qu'il avait tué les 16 villageois après s'être bagarré avec cette femme.

À une certain moment, le juge lui a demandé pourquoi il avait perpétré ce massacre.

«Monsieur, je me suis posé cette question un million de fois depuis que c'est arrivé. Il n'y a aucune bonne raison dans ce monde pour justifier pourquoi j'ai fait ces choses horribles», a répondu Robert Bales.

Le juge l'a également interrogé au sujet des corps calcinés. Le soldat a déclaré qu'il se rappelait avoir vu une lampe au kérosène dans l'une des chambres, puis un incendie, et avoir constaté qu'il avait des allumettes dans sa poche en retournant à sa base. Mais il a affirmé ne pas se souvenir d'avoir mis le feu aux corps.

Le juge lui a demandé s'il avait utilisé la lampe au kérosène pour brûler les corps. «C'est la seule chose qui a du sens», a-t-il répondu.

Robert Bales en était à sa quatrième mission de combat quand le massacre s'est produit. Le soldat, qui avait un bon dossier militaire, souffrait du syndrome de stress post-traumatique et d'un traumatisme cérébral, selon ses avocats. Il avait consommé de l'alcool de contrebande et un médicament contre les éternuements, fournis par d'autres soldats, avant le massacre.

Le massacre a provoqué une telle colère en Afghanistan que les États-Unis ont temporairement suspendu leurs opérations de combat dans le pays après l'incident. Il a fallu trois semaines avant que les enquêteurs militaires puissent se rendre sur les scènes de crime.

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