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L'AGPQ réclame l'annulation des amendes comme condition à la reprise des négos

05/06/2013 11:13 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

QUÉBEC - Pour démarrer les négociations sur des compressions de 14,9 millions $, le gouvernement devra faire marche arrière et effacer les amendes imposées aux garderies privées à la suite d'une journée de grève, a déclaré mercredi le président de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ), Sylvain Lévesque.

M. Lévesque a affirmé que la ministre de la Famille, Nicole Léger, a réagi avec excès en punissant ainsi les garderies pour une journée de débrayage, le 22 mai dernier. Les 214 établissements privés qui ont tenu une première journée de grève ont écopé d'une pénalité de 3750 $.

Des propriétaires membres de l'AGPQ ont manifesté mercredi devant l'Assemblée nationale, alors que Mme Léger venait d'annoncer qu'elle rencontrera leurs dirigeants jeudi.

Présent sur place, M. Lévesque a exigé que le gouvernement renonce aux amendes sans quoi la négociation sera impossible avec son association.

Selon le président, cette sanction est une forme d'intimidation dont l'objectif est d'étouffer le mouvement de mobilisation des garderies.

«La base des négos, ça va être de retirer les amendes à notre réseau. Il n'est pas question qu'on paie des amendes pour avoir fermé une journée de grève, a-t-il dit. Donc la négo commence là.»

L'AGPQ réclame aussi un étalement des compressions de 14,9 millions $ en soutenant que la sous-ministre à la Famille, Line Bérubé, avait accepté cette proposition des garderies, rejetée ensuite par Mme Léger.

«Elle a dit non mais c'est sa négociatrice en chef, qui est une dame qui a beaucoup d'expérience dans les négociations, qui est très crédible», a-t-il dit.

Si Mme Léger impose les compressions sans concessions, l'AGPQ boycottera des comités du ministère qui développent les places à 7 $, ce qui aurait pour effet de paralyser les travaux.

«Si on n'est pas là elle ne peut pas développer son réseau à 7 $», a dit M. Lévesque.

Mardi, Mme Léger a annoncé qu'une entente de principe avait été conclue avec le Regroupement des garderies privées du Québec (RGPQ).

M. Lévesque n'a pas vu l'entente mais selon lui elle module les compressions en imposant un fardeau plus important aux établissements où la rémunération des éducatrices est moins élevée.

Le président de l'AGPQ croit que cela nuira aux efforts de ces garderies pour rehausser la qualité de leurs services, d'autant plus qu'elles reçoivent déjà moins de subventions.

«Ce n'est pas acceptable parce que ces garderies-là, dans une entente qu'on a conclue en 2005, sont déjà modulées à la baisse», a-t-il dit.

M. Lévesque croit que le RGPQ est tombé dans le panneau de la ministre, qui souhaitait diviser les deux réseaux pour les affaiblir.

«Ils sont allés un peu vite et ils se sont faits avoir par la ministre. Elle voulait diviser pour mieux régner», a-t-il dit.

L'AGPQ fera jeudi une proposition avec des nouveaux calculs étalés sur cinq ans, en tenant compte d'une entente sur la hausse des frais de garde conclue avec les libéraux.

Le RGPQ compte 149 garderies membres contre 210 pour l'AGPQ. Au total, le réseau des garderies privées subventionnées est composé de 655 établissements.

Dans le cadre des compressions qui visent l'atteinte de l'équilibre budgétaire d'ici la fin de l'exercice en cours, le gouvernement souhaite effectuer des compressions de 14,9 millions $ dans les garderies privées subventionnées.

Le gouvernement a aussi imposé des compressions dans le réseau des Centres de la petite enfance (CPE), dont les budgets ont été amputés de 31 millions $.

Mme Léger a affirmé mercredi qu'elle a contacté l'AGPQ pour reprendre les discussions.

«J'ai communiqué avec l'AGPQ (mardi), ceux qui sont en manifestation (mercredi), pour une rencontre demain (jeudi)», a-t-elle dit.

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