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«Ici» éclipsera Radio-Canada dans la désignation du diffuseur public

05/06/2013 01:52 EDT | Actualisé 05/08/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Radio-Canada, trop conservateur? C'est à tout le moins la «perception» de gens sondés par le diffuseur public, qui l'a amené à revoir son image de marque.

Ainsi, tel qu'annoncé mercredi, le terme «Ici» se déclinera sur toutes les plateformes à côté du traditionnel logo, que ce soit Ici télé, Ici Première pour la première chaîne radio, Ici Musique qui remplacera Espace Musique, Ici Artv, etc.

La direction se défend de procéder à un véritable changement de nom. Elle fait valoir que le logo était déjà simplement attaché aux termes «télé», «radio», «musique», tel que le sera le nouveau «Ici».

Reste que le gouvernement fédéral ne semble pas voir ce «repositionnement» du même oeil.

«Je crois que la grande majorité des Canadiens vont être un peu préoccupés quand on parle de diminuer la présence du mot Canada ou canadien dans l'une de nos langues officielles», a déclaré mercredi le ministre du Patrimoine canadien, James Moore.

Au moment où cette nouvelle image de marque avait été ébruitée en mars par le quotidien Le Devoir, le ministre Moore avait affirmé aux Communes qu'il n'était pas question de modifier le nom de Radio-Canada, et qu'il restait enchâssé dans la section 35 de la Loi sur la radiodiffusion.

«James Moore a dit une chose avec laquelle on n'est pas en désaccord. Il a dit que Radio-Canada ne changeait pas de nom. On est inscrit comme tel dans la loi, ma carte d'affaires est Radio-Canada et je représente Radio-Canada sur toutes les tribunes», s'est défendu mercredi Louis Lalande, vice-président principal de Radio-Canada.

Il a ajouté que le diffuseur public avait fait les représentations d'usage à Ottawa.

Six publicités générales de 15 secondes sont mises en ondes dès maintenant, pour un mois, après quoi la campagne s'attardera à la programmation automnale.

Radio-Canada n'a pas spécifié le montant total investi dans cette nouvelle signature, fruit d'un travail d'environ un an. Un montant de 400 000 $ a été dépensé à l'externe, alors que 95 pour cent du travail aurait été accompli dans le cadre des budgets courants des communications.

Outre la perception d'un réseau conservateur, le diffuseur public a souligné que les différentes composantes — telles que Artv ou Explora — n'étaient pas toujours associées à Radio-Canada. Le terme «Ici» doit permettre d'unifier tous ces éléments.

Le terme «Ici» provient de l'expression «Ici Radio-Canada» prononcée traditionnellement par de grands présentateurs principalement à la radio.

«Ici» doit aussi mieux exprimer la «rapidité, l'immédiateté, la fébrilité et la proximité», a-t-on fait valoir.

«Cela parle de l'importance d'avoir une marque forte dans une industrie si fragmentée. L'univers dans laquelle cette marque évolue est assailli de toutes parts. Je vais même plus loin, dans toute cette ouverture, c'est important que le français soit là. On ne peut plus juste parler du marché francophone qui nous entoure, il y a des offres extraordinaires qui viennent de partout dans le monde en plusieurs langues», a ajouté M. Lalande.

Le diffuseur public soutient qu'il s'agit d'une étape dans un «repositionnement» plus profond, qui a déjà touché la programmation et qui continuera dans cette voie.

«Notre ambition consiste à recréer Radio-Canada qui doit être plus que jamais un espace vivant, une organisation ouverte, flexible et agile, toujours aussi créative, mais plus innovante et en meilleure interrelation avec nos auditoires», a déclaré M. Lalande.

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