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WikiLeaks: un pirate affirme que Bradley Manning ne voulait pas aider l'ennemi

04/06/2013 05:04 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

FORT MEADE, États-Unis - Un pirate informatique expérimenté qui a prévenu les autorités américaines que Bradley Manning transmettait des informations au site WikiLeaks a témoigné mardi au procès du soldat, affirmant que celui-ci n'avait jamais dit qu'il voulait aider l'ennemi durant leurs échanges sur Internet.

Bradley Manning est accusé d'avoir transmis des centaines de milliers de documents secrets à WikiLeaks, dans ce qui est considéré comme la plus importante fuite d'informations classifiées de l'histoire des États-Unis.

Il a plaidé coupable à des accusations qui pourraient lui valoir 20 ans de prison, mais l'armée a déposé des accusations plus graves en cour martiale, notamment celle de soutien à l'ennemi, passible de la prison à vie.

Les documents que WikiLeaks a commencé à publier en 2010 montraient les allégations d'abus contre des prisonniers irakiens, un bilan américain des victimes de la guerre en Irak et le faible soutien des États-Unis envers le gouvernement tunisien de l'époque, des révélations qui, selon les partisans de Bradley Manning, ont contribué à déclencher les soulèvements pro-démocratiques du Printemps arabe.

L'administration Obama affirme que la publication des documents a mis en danger d'importantes sources militaires et diplomatiques, en plus de nuire aux relations des États-Unis avec les autres gouvernements.

Adrian Lamo, un homme déjà condamné pour piratage informatique, a déclaré mardi qu'il avait commencé à échanger sur Internet avec Bradley Manning le 20 mai 2010, et qu'il avait averti les autorités le lendemain du contenu des messages du soldat, notamment le fait qu'il avait mentionné le nom du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange. Il a indiqué avoir continué à clavarder avec le soldat pendant six jours.

Lors du contre-interrogatoire, Adrian Lamo a déclaré que Bradley Manning ne lui avait jamais dit qu'il voulait aider l'ennemi et n'avait jamais exprimé un quelconque manque de loyauté envers les États-Unis.

«À aucun moment le soldat Manning vous a dit qu'il voulait aider l'ennemi?» a demandé l'avocat de la défense, David Coombs.

«Pas dans ces mots, non», a répondu le pirate informatique.

L'avocat de la défense a aussi affirmé que le soldat, âgé de 25 ans, était troublé par son orientation sexuelle au début de son affectation en Irak, à l'époque où les gais n'avaient pas le droit de s'affirmer ouvertement dans l'armée américaine. Ces tourments intérieurs ont poussé Bradley Manning à «sentir qu'il devait faire quelque chose pour faire une différence dans le monde», a dit Me Coombs.

Adrian Lamo a déclaré que le soldat l'avait contacté à cause de sa notoriété dans le monde du piratage informatique, et à cause de son leadership auprès de la communauté homosexuelle, bisexuelle et transgenre.

Adrian Lamo a plaidé coupable à une accusation de fraude informatique en 2004, après avoir piraté les réseaux du «New York Times» et de Microsoft. Il a été condamné à six mois d'assignation à résidence et à deux ans de probation.

Le procès du soldat Manning à la base de Fort Meade, au Maryland, devrait durer tout l'été. Une grande partie de la preuve est classifiée, ce qui signifie que de grands segments du procès ne seront pas accessibles aux journalistes et au public.

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