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Prix des livres électroniques: Apple se défend d'avoir orchestré une entente

04/06/2013 03:02 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

Apple s'est défendu mardi d'avoir orchestré une entente avec cinq grands éditeurs américains pour augmenter le prix des livres électroniques, au deuxième jour d'un procès à New York.

Le premier témoin, l'avocat maison du groupe informatique américain Kevin Saul qui a participé à la négociation des contrats avec les éditeurs, a reconnu que durant ce processus, Apple avait communiqué des informations sur l'avancée de ses discussions avec d'autres éditeurs.

"C'est une stratégie de négociation très efficace", consistant à leur faire comprendre "que le train quitte la gare" et qu'ils risquent de le rater, a-t-il expliqué, assurant que les informations portaient essentiellement sur le nombre d'éditeurs à avoir déjà signé, et pas leur identité ni les détails de leurs contrats.

Quant au fait d'avoir signé avec tous les éditeurs des contrats identiques, considéré par l'accusation comme un indice de collusion, c'est "une manière démocratique de faire les choses" et de garantir à tous des conditions égales, a fait valoir M. Saul.

M. Saul a notamment dû s'expliquer sur une clause des contrats d'Apple qui, selon le gouvernement, lui permettait d'influencer les relations commerciales des éditeurs avec les libraires et en particulier avec Amazon, qui dominait à l'époque le marché des livres électroniques et s'imposait donc comme le principal rival du groupe à la pomme.

Pour garnir les rayons de la librairie en ligne de sa tablette iPad, lancée en 2010, Apple a en effet passé des contrats avec les éditeurs permettant à ceux-ci de fixer les prix de vente en échange d'une commission de 30%.

C'était une rupture avec le modèle en vigueur, notamment pour Amazon qui achetait les livres en gros aux éditeurs et choisissait lui-même les prix de vente, parfois à perte.

La clause litigieuse permettait à Apple de ne pas tenir compte des prix fixés par les éditeurs, conformément au contrat qu'il venait de passer avec eux, si un concurrent, comme Amazon par exemple, vendait un livre électronique moins cher que lui.

Selon M. Saul, le seul objet de cette clause était de permettre que "quel que soit le prix d'autres revendeurs, à perte ou à bénéfice, (Apple) puisse être compétitif", et le groupe était "indifférent" à la nature des relations commerciales entre les éditeurs et les autres revendeurs.

soe/sl/rap

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