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Ottawa bloque l'achat de Mobilicity par Telus

04/06/2013 08:44 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

Le projet de Telus d'acquérir son rival en difficulté Mobilicity est contrecarré par le gouvernement canadien.

Mardi, le ministre fédéral de l'Industrie, Christian Paradis, a annoncé que le transfert des licences de spectre détenues par Mobilicity ne serait pas accordé. La transaction, approuvée par un juge ontarien la semaine dernière, était évaluée à 380 millions de dollars.

Le ministre Paradis a précisé que les autres nouveaux joueurs dans la téléphonie sans fil ne pourront pas transférer leurs licences de spectre à des entreprises existantes. Il a rappelé que le gouvernement s'est engagé à accroître la concurrence dans le secteur.

Par voie de communiqué, la direction de Telus a déclaré que cette décision du gouvernement canadien était « regrettable pour les 250 000 clients de Mobilicity, ainsi que pour les 150 employés et les créanciers de cette entreprise ». Telus (TSX:T) espérait acquérir le spectre inutilisé par Mobilicity et s'était engagé à conserver ses employés et ses clients, qui se trouvent à Toronto, Ottawa, Calgary, Edmonton et Vancouver.

Par ailleurs, l'industrie de la téléphonie sans fil a demandé à Ottawa de clarifier les règles avant la prochaine vente de spectre sans fil. M. Paradis a précisé que les enchères ont été reportées au 14 janvier pour permettre à de nouveaux joueurs de se préparer.

Mobilicity sera-t-elle acculée à la faillite?

Dans une note envoyée à ses clients, un analyste de la Banque d'investissements Cannacord, Dvai Ghose, affirme que cette décision du gouvernement fédéral rend inévitable la faillite de Mobilicity. Les entreprises existantes sont les acheteurs tout désignés pour les licences de spectre, estime M. Ghose qui craint que cette décision ne rende encore plus difficile la tâche de financer de nouveaux joueurs, indépendants, dans ce marché.

Cependant, la décision du ministre Paradis réjouit des associations comme le Centre pour la défense de l'intérêt public, qui considère qu'Ottawa se porte ainsi à la défense des droits des consommateurs. L'Association des consommateurs du Canada affirme aussi qu'il s'agit d'une victoire pour les consommateurs, puisque la décision du gouvernement canadien favorise la concurrence dans ce secteur.

Rappelons que lundi, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a présenté un nouveau code pour encadrer les services de téléphonie mobile au pays et pour répondre aux nombreuses plaintes des Canadiens, concernant ces services.

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