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Manning, un être fragile en quête de vérité, selon son ancien confident

04/06/2013 01:40 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

L'ancien confident de Bradley Manning a reconnu mardi, au deuxième jour de son procès, le caractère fragile du jeune soldat en quête d'identité sexuelle, motivé par la recherche de la vérité lorsqu'il a divulgué des milliers de documents classés secret-défense.

Accusé en particulier de "collusion avec l'ennemi", en l'occurrence Al-Qaïda, Manning, qui comparaît devant une cour martiale, encourt la prison à vie.

Appelé à la barre sur la base militaire de Fort Meade (Maryland), Adrian Lamo, auquel Manning s'était confié en ligne, a affirmé qu'il avait fini par contacter les forces de l'ordre car il était inquiet pour la vie de son jeune interlocuteur.

Sous le feu des questions du défenseur David Coombs, Adrian Lamo, un pirate informatique qui soutient la cause homosexuelle, s'est dit d'accord avec les traits de caractère et l'état émotionnel décrits par l'avocat. Il a également validé le contenu des conversations électroniques telles qu'elles étaient rapportées par Me Coombs.

"Il vous a dit qu'il était toujours à la recherche de la vérité?" a demandé l'avocat, "c'est quelque chose que j'ai effectivement ressenti, oui", a répondu Lamo.

"Il vous a demandé ce que vous feriez, si vous tombiez sur des informations horribles qui ne sont pas dans le domaine public?".

"Il a dit qu'il voulait rendre ces informations publiques?"

"Il pensait important qu'(elles) sortent?"

"Il voulait que les gens voient la vérité?"

"Oui", a acquiescé à chaque fois Adrian Lamo.

Le témoin a auparavant indiqué au procureur avoir "chaté" avec Manning alias "bradass87" du 20 mai 2010 jusqu'à l'arrestation du soldat, le 26 mai 2010.

Il a reconnu qu'il avait été vraisemblablement contacté par l'accusé parce qu'il était sympathisant de la LGBT, la Ligue de défense des gays, des lesbiennes et des transexuels, et était connu comme un "grand pirate informatique". Il avait lui-même été arrêté et condamné pour "accès non autorisé à des ordinateurs" en 2004. Il a admis en outre que c'est probablement parce qu'il avait "fourni" des informations à WikiLeaks que Manning s'était intéressé à lui.

Auprès du procureur militaire Ashden Fein, le témoin a reconnu que "Manning avait admis connaître Julian Assange", le fondateur de WikiLeaks, que le gouvernement s'efforce de confondre pour complicité dans cette fuite majeure.

Mais Lamo, dont les révélations au FBI de Sacramento (Californie) où il résidait avaient conduit à l'arrestation du jeune Manning, alors âgé de 22 ans, s'est contenté de répondre par un "oui" discret, quand Me Coombs l'interrogeait sur l'état émotionnel de son client.

"Oui", Manning s'était livré à lui car il avait besoin "d'aide de quelqu'un de confiance" sur cette base américaine en Irak où "il se sentait désespéré" comme "une âme brisée", "transi de peur", "émotionnellement cassé", livré "à un combat intérieur en raison de son problème d'identité sexuelle".

"Oui", il s'était même excusé de (lui) raconter sa vie alors qu'(il) était un étranger", selon les mots de Me Coombs.

"Oui", "il disait qu'il n'était pas courageux, mais faible", qu'il était "jeune, naïf et stupide", que "ses sentiments étaient trop idéalistes" mais qu'il "se souciait des gens", qu'il se "souciait de la vie humaine".

L'accusé, toujours selon Me Coombs, lui aurait confié combien il était choqué de voir "comment la première puissance mondiale exploitait un pays du tiers-monde" et que "partout où il y avait une représentation américaine, il y avait un scandale diplomatique".

Et quand le témoin, qui a reconnu souffrir du syndrome Asperger, une forme d'autisme, a demandé à son confident "pourquoi il ne vendait pas tout ça à la Russie ou à la Chine", Manning lui a répondu: "ces informations appartiennent au domaine public", selon les mots de l'avocat validés par le témoin.

Lamo, dont les ordinateurs et les disques durs ont été saisis pour les besoins de l'enquête, a assuré que son ami de la Toile n'avait pas dit "un mot contre les Etats-Unis", ni sur son "désir d'aider l'ennemi".

A l'ouverture du procès lundi, le gouvernement américain s'est employé à démontrer que le soldat avait "déversé" des documents ultra-sensibles par dizaines de milliers "entre les mains de l'ennemi".

Le procès devrait durer jusqu'au 23 août.

chv/jca

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