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Le vice-premier ministre turc présente ses excuses aux manifestants

04/06/2013 06:22 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

ANKARA, Turquie - Le vice-premier ministre turc s'est excusé, mardi, pour la répression violente dont ont été victimes des manifestants au cours des derniers jours, dans l'espoir d'apaiser le mouvement antigouvernemental qui divise le pays.

Bulent Arinc, qui remplace le premier ministre durant son déplacement à l'extérieur du pays, a affirmé que la répression avait été mauvaise et injuste. On ne sait toutefois pas si son opinion reflète celle du gouvernement.

Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan, en visite au Maroc, en Algérie et en Tunisie, a déjà minimisé les commentaires de ses ministres au cours des derniers jours. Il a notamment déclaré que les manifestants étaient des «pilleurs» proches de mouvements extrémistes.

Des milliers de personnes ont manifesté dans différentes villes de Turquie depuis vendredi, quand la police a donné l'assaut contre des manifestants pacifiques qui dénonçaient l'abattage d'arbres sur la place Taksim, à Istanbul. Depuis, la Turquie est secouée par les plus importantes manifestations antigouvernementales des dernières années.

Un homme de 22 ans a perdu la vie dans les manifestations. Les responsables ont toutefois fourni des versions contradictoires sur les circonstances de son décès, survenu dans une ville près de la frontière avec la Syrie.

Le bureau du gouverneur de la province d'Hatay a indiqué que la victime, Abdullah Comert, était morte à l'hôpital après avoir été atteinte par balle lundi dans la ville d'Antakya. Les autorités ont laissé entendre que l'homme pourrait avoir été touché par une balle tirée par des manifestants, puisque la police aurait essuyé des tirs pendant la manifestation.

Toutefois, selon le procureur en chef de la province, une autopsie a conclu que le jeune homme avait succombé à un coup à la tête. Aucune blessure par balle n'aurait été trouvée sur son corps. Sa mort fait maintenant l'objet d'une enquête.

Les affrontements se sont poursuivis jusque tard dans la nuit de lundi à mardi à Ankara, Istanbul et ailleurs dans le pays, les Turcs exprimant leur mécontentement envers le gouvernement du premier ministre Erdogan, au pouvoir depuis dix ans.

L'Association des droits de la personne de Turquie affirme que 3300 personnes ont été arrêtées depuis quatre jours à travers le pays, même si la majorité ont depuis été libérées. Au moins 1300 personnes ont été blessées, a indiqué l'organisation, en précisant qu'il était difficile d'obtenir des chiffres fiables.

Mardi, des centaines de policiers antiémeute munis de canons à eau avaient été déployés autour de la principale place publique d'Ankara, près du bureau du premier ministre.

Le président Abdullah Gul a tenté d'apaiser les tensions en rencontrant le vice-premier ministre Bulen Arinc. M. Gul estime que les manifestants ne font qu'exprimer leurs droits démocratiques, tandis que le premier ministre Erdogan a balayé leurs demandes du revers de la main.

MM. Gul et Erdogan pourraient être en concurrence lors de la prochaine élection présidentielle en Turquie, l'an prochain.

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