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Le couturier John Galliano "reconnaissant" de ce qui lui est arrivé

04/06/2013 05:38 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

Le couturier John Galliano, licencié en 2011 de chez Dior, affirme qu'il est "reconnaissant" pour ce qui lui est arrivé depuis deux ans, car sa descente aux enfers et une cure de désintoxication lui ont permis de se retrouver lui-même, a-t-il confié au magazine américain Vanity Fair à paraître jeudi.

L'ancien directeur artistique de Dior, considéré comme l'un des plus grands talents de sa génération, avait vu sa carrière brisée après des propos racistes et antisémites tenus sous le coup de l'alcool à Paris.

"Cela peut sembler bizarre, mais je suis tellement reconnaissant pour ce qui est arrivé", explique le couturier britannique. "J'ai tellement appris sur moi. J'ai redécouvert ce petit garçon qui avait envie de créer, ce que je pensais avoir perdu. Et je suis vivant".

De sa déclaration antisémite filmée en 2010, qui lui a valu d'être condamné à Paris à 6.000 euros d'amende avec sursis, il n'a aucun souvenir. "Quand j'ai vu (la vidéo) j'ai vomi", affirme-t-il.

"C'est la pire chose que j'ai dite dans ma vie, mais je ne le pensais pas... J'ai essayé de comprendre (...) je pense que j'étais tellement en colère et tellement mécontent de moi que j'ai juste dit la chose la plus méchante possible".

Il explique dans cet entretien, présenté comme le premier depuis qu'il ne boit plus, qu'il a été admis pour une cure de désintoxication en mars 2011 dans l'Arizona (sud des Etats-Unis). Et qu'il est sobre depuis deux ans.

Il raconte sa descente aux enfers, en dépit des mises en garde de certains proches.

"Je ne buvais pas pour être créatif", explique-t-il. "Je n'en avais pas besoin. L'alcool a d'abord été une béquille, en dehors de Dior. Après, je l'ai utilisé pour m'effondrer après les collections. Il me fallait un jour ou deux pour me remettre, comme tout le monde. Mais avec plus de collections, c'était plus fréquent, et j'en suis devenu esclave".

"Puis j'ai pris des comprimés, car je n'arrivais pas à dormir. Et puis d'autres comprimés, car je ne pouvais pas m'arrêter de trembler. Et puis il y avait aussi ces bouteilles d'alcools forts, que les autres me procuraient. A la fin, c'était tout ce sur quoi je pouvais mettre la main. Vodka, vodka-tonic. Vin, dans l'idée que cela m'aiderait à dormir. A tort. J'avais toutes ces voix dans la tête, posant tellement de questions, mais je n'aurais jamais admis une seconde que j'étais alcoolique. Je pensais pouvoir le contrôler".

Depuis ses propos antisémites, le créateur britannique a rencontré des responsables juifs pour s'excuser, et tenté de recréer des liens dans le monde de la mode. Mais il est resté loin des podiums.

Au début du mois, l'école de mode new-yorkaise Parsons a annulé une série de cours qu'il devait y animer, invoquant un désaccord sur leur contenu.

bd/are

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