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Egypte: Kerry fustige le "procès politique" d'employés d'ONG

04/06/2013 01:27 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a accusé mardi l'Egypte d'avoir organisé une "procès politique" après qu'un tribunal du Caire eut condamné à des peines de prison une quarantaine d'employés égyptiens et étrangers, dont un Américain, d'organisations non gouvernementales.

"Les Etats-Unis sont profondément préoccupés par les verdicts et peines prononcés aujourd'hui -- y compris celles assorties de sursis -- par une cour égyptienne à l'encontre de 43 représentants d'ONG, lors d'un procès aux motivations politiques", a dénoncé M. Kerry dans un communiqué.

Le patron de la diplomatie américaine a commenté une décision de justice qu'il estime "contraire au principe universel d'association et incompatible avec une transition démocratique".

Il a encore tancé la justice du Caire pour avoir "décidé de fermer les bureaux de ces ONG et de saisir leurs biens en contradiction avec les engagements du gouvernement égyptien d'appuyer le rôle de la société civile comme acteur fondamental de la démocratie".

"J'exhorte le gouvernement égyptien à travailler avec les groupes de la société civile qui répondent aux aspirations démocratiques du peuple égyptien", a encore lancé M. Kerry.

Un tribunal du Caire a condamné mardi à des peines de prison une quarantaine d'employés égyptiens et étrangers d'ONG, pour avoir travaillé dans l'illégalité et reçu des financements illicites.

Cette condamnation a suscité de vives protestations internationales et relançant les craintes pour l'avenir des associations de la société civile en Egypte.

Ce jugement dans une affaire qui avait déjà provoqué l'an dernier de graves tensions avec Washington survient peu après la présentation par le pouvoir d'un projet de loi régissant les ONG, vivement critiqué par les organisations concernées.

Sur les 43 personnes condamnées, 27 - essentiellement des étrangers, dont près d'une vingtaine d'Américains, ayant pu quitter le pays - ont écopé de cinq ans de prison par contumace.

Parmi les 16 autres, principalement des Egyptiens, cinq -dont un ressortissant américain- se sont vu infliger des peines de deux ans de prison ferme et 11 ont été condamnés à un an avec sursis. Les condamnés ont fait savoir qu'ils allaient faire appel.

Les Etats-Unis ont plusieurs fois exprimé ces dernières semaines leurs inquiétudes sur la répression de la liberté d'expression en Egypte, en particulier contre des militants politiques et des journalistes, à l'approche du premier anniversaire de l'élection du président islamiste Mohamed Morsi.

nr/rap

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