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Des membres du Tea Party racontent le harcèlement du fisc américain

04/06/2013 03:09 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

Des militants conservateurs du Tea Party ont raconté mardi au Congrès américain la longue bataille administrative qui les oppose depuis parfois plus de trois ans au fisc, instrumentalisé selon eux par l'administration de Barack Obama.

Becky Gerritson, présidente du Tea Party de Wetumpka, dans l'Etat conservateur de l'Alabama (sud), et ses co-accusateurs étaient les invités des républicains de la Chambre des représentants, qui enquêtent tous azimuts sur ce qu'ils qualifient de scandale.

"Il y a trois ans, le fisc a commencé à systématiquement cibler des individus selon leurs convictions politiques", a déclaré Dave Camp, le président républicain de la commission. "Il nous reste à savoir à quel point cette activité était répandue, qui l'a ordonnée et pourquoi".

Le nom de Barack Obama n'est pas prononcé mais les républicains soupçonnent son administration d'avoir exploité l'arme du fisc en pleine saison électorale, ce que la Maison Blanche conteste en s'appuyant sur un rapport d'enquête indépendant du Trésor.

Mme Becky Gerritson a déposé en octobre 2010 une demande de régime fiscal de non-imposition.

Le statut est avantageux car il permet de ne pas payer d'impôt sur les dons et de lever des fonds dans l'anonymat. Mais il est réservé aux associations apolitiques et l'IRS (Internal Revenue Service, l'agence du gouvernement qui collecte l'impôt, ndlr), après de longues délibérations internes, a fini par envoyer début 2012 des questionnaires de plusieurs pages à des dizaines de groupes dont le nom contenait "Tea Party" ou "patriote".

"Les demandes d'informations contenues dans le questionnaire m'ont choquée, en tant que personne qui aime la liberté et le premier amendement" de la Constitution, a lancé la militante.

Parmi les 90 informations réclamées par le fisc: le nom de ses donateurs et bénévoles; si certains souhaitaient se présenter à une élection; la copie de toute communication avec des élus.

"Il s'agit d'un acte volontaire d'intimidation pour dissuader un certain point de vue de s'exprimer", a-t-elle dénoncé.

Sa demande a finalement été acceptée en juillet 2012 mais d'autres, comme Dianne Belsom, fondatrice d'un Tea Party en Caroline du Sud, attendent toujours.

"Je pensais que nous vivions dans une république libre, mais honnêtement, j'ai l'impression que notre pays se dirige vers la tyrannie. J'ai du mal à dormir, tant j'ai peur de ce que l'Etat pourrait faire après", a-t-elle estimé.

ico/are

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