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Armes chimiques en Syrie: Paris et Londres affirment avoir des preuves

04/06/2013 04:26 EDT | Actualisé 04/08/2013 05:12 EDT

PARIS - Le gouvernement français a annoncé, mardi, avoir confirmé l'utilisation de gaz sarin «à plusieurs reprises et de façon localisée» en Syrie, dont au moins une fois par le régime. C'est la preuve la plus solide évoquée par un pays occidental au sujet des attaques aux armes chimiques depuis le début de la guerre en Syrie, il y a 27 mois.

Le gouvernement britannique a affirmé par la suite que ses tests menés sur des échantillons collectés en Syrie avaient également confirmé la présence de gaz sarin.

Mais l'annonce des deux pays laisse plusieurs questions en suspens, soulignant la difficulté de confirmer à distance si des combattants en Syrie ont franchi la «ligne rouge» fixée par le président des États-Unis, Barack Obama. Le régime de Bachar el-Assad refuse de laisser les enquêteurs de l'ONU entrer dans le pays.

Les allégations françaises et britanniques, qui s'appuient sur des échantillons collectés en Syrie, surviennent quelques heures après qu'une équipe de l'ONU eut affirmé avoir des «motifs raisonnables» de soupçonner une utilisation à petite échelle de produits chimiques toxiques dans au moins quatre attaques survenues en mars et en avril.

L'enquête de l'ONU a été menée hors des frontières syriennes, en s'appuyant sur des entrevues avec des médecins et des témoins des attaques alléguées, et sur une analyse des vidéos tournées en Syrie. L'équipe affirme que les preuves concrètes resteront inaccessibles tant que les inspecteurs ne pourront se rendre sur le terrain pour collecter des échantillons.

Mais les preuves matérielles de l'utilisation d'armes chimiques s'effacent avec le temps, et plus les inspecteurs de l'ONU seront maintenus hors de Syrie, plus il sera difficile de trouver des preuves concluantes, soulignent-ils.

La Syrie est soupçonnée de posséder l'un des plus importants arsenaux d'armes chimiques au monde, notamment du gaz moutarde et du gaz neurotoxique comme le sarin.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré mardi que son gouvernement avait analysé plusieurs échantillons, dont certains rapportés par des journalistes du «Monde».

Il a affirmé qu'il n'y avait «aucun doute» que dans au moins un cas, les forces du régime et ses alliés étaient responsables de l'attaque.

«Nous avons retracé toute la chaîne, de l'attaque jusqu'au moment où les gens ont été tués, en passant par le moment où les échantillons ont été collectés et analysés», a déclaré M. Fabius sur la chaîne France 2. Il a affirmé que la ligne rouge avait été franchie et que «toutes les options» étaient sur la table, incluant «une intervention militaire à l'endroit où le gaz est produit et entreposé».

À Londres, le Foreign Office a déclaré que des échantillons provenant de Syrie avaient été testés dans les laboratoires du gouvernement et que la présence de gaz sarin avait été confirmée. Les autorités britanniques n'ont pas dit où ni quand les échantillons ont été obtenus.

Le Royaume-Uni possède des preuves montrant que différents agents chimiques ont été utilisés, «incluant parfois du sarin, et parfois pas», a déclaré l'ambassadeur britannique aux Nations unies, Mark Lyall Grant.

À Washington, le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney, a déclaré que les informations provenant d'Europe étaient «entièrement en accord» avec les découvertes de l'administration Obama, mais a ajouté qu'il restait du travail à faire pour déterminer qui est responsable de l'utilisation de substances toxiques et à quel moment elles ont été utilisées.

«Nous avons besoin de plus d'information», a-t-il dit.

La Russie, pour sa part, a rejeté les renseignements fournis le mois dernier par les États-Unis suggérant que le régime syrien a utilisé des armes chimiques contre son propre peuple, ont indiqué des responsables américains. Une délégation diplomatique envoyée à Moscou n'a pas réussi à persuader les autorités russes ni à affaiblir le soutien de la Russie envers le régime de Bachar el-Assad.

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