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Apprentissage et initiation : les défis d'une recrue

04/06/2013 03:47 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

SHERBROOKE - Nicolas Boulay reste de longues minutes sur le terrain après le premier jour du camp des Alouettes. Il se promène de sa famille aux partisans aux médias en transportant deux casques. Bienvenue chez les professionnels, jeune homme!

« C'est sûr que les vétérans s'amusent un peu avec nous, admet le secondeur en pointant le casque du vétéran dont il a hérité. Mais ils ne veulent pas perdre de temps avec des niaiseries non plus. »

N'empêche, les railleries sont inévitables. « Comment ça se fait que je doive attendre après toi pour parler aux médias, Nic? C'est tout le temps moi qui étais dernier l'an passé. Allez, va-t'en », lui lance Patrick Lavoie en boutade.

Lavoie comprend la situation dans laquelle se trouvent Boulay et les autres recrues. Il l'a vécue en 2012, à la différence que Lavoie n'avait pas eu droit à un camp des recrues comme cette année.

« Au début, je restais dans mon coin, se souvient le centre-arrière de 25 ans. J'étais gêné de parler, surtout que mon anglais n'était pas bon. Cette année, je connais presque tout le monde et les gars commencent à comprendre mon slang. »

Fort de son titre de recrue de l'année chez les Alouettes en 2012, se permet-il de prendre les jeunots sous son aile? « Je ne suis même pas capable de jouer alors je vais garder mes conseils pour moi, réplique Lavoie, confiné aux lignes de côté en raison de sa récente opération au dos. Cela dit, quand on me pose une question, j'y réponds avec plaisir. »

Si Lavoie s'autocensure, d'autres vétérans se chargent de montrer la voie à suivre. « J'en reçois, des conseils, fait savoir Boulay. Peut-être un peu moins de la part des autres secondeurs parce qu'après tout, on se bat pour un emploi. Comme je dis souvent, tu tues ou tu te fais tuer! »

Le choix de 4e tour des Alouettes en 2013 est déterminé à se tailler un poste. Steven Lumbala, lui, se réjouit d'apprendre.

« Pour moi, c'est une opportunité incroyable que de côtoyer tant que de porteurs de ballon de talent », explique le demi offensif, sélectionné au 5e rang du dernier repêchage.

L'exemple des meilleurs

Lumbala, originaire de Montréal, peut observer attentivement les Brandon Whitaker et autres Dominic Rhodes. Par mimétisme, peut-être pourra-t-il un jour transposer à la Ligue canadienne ses 993 verges de gain et 9 touchés au sol réussis avec les Dinos de Calgary en 2012.

Mais d'abord, comme toutes les autres recrues, il a dû s'habituer à la réalité du sport professionnel. « C'est sûr que ça fait spécial de côtoyer des joueurs que j'étais habitué de regarder à la télévision. »

Le retour des initiations

Parmi ces modèles de réussite, un s'impose comme incontournable. « J'aime dire aux jeunes que j'en suis à mon 20e camp et observer leur réaction », s'amuse Anthony Calvillo.

Le vénérable quart n'est pas égoïste de sa sagesse. « Je leur dis de ne pas se plaindre et de savourer chaque moment, car on ne sait jamais quand ça peut prendre fin. »

Et un de ces moments sera vraisemblablement le rite initiatique, qui fait un retour en force chez les Alouettes.

« Maintenant que Marc Trestman est parti, on va pouvoir initier les recrues à nouveau », se réjouit l'ailier défensif John Bowman, qui entame sa huitième saison avec l'équipe.

« On va leur faire transporter nos épaulettes. Oui, seulement des épaulettes... »

Reste à voir si ses coéquipiers auront plus d'imagination.

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