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WikiLeaks: le procès en cour martiale du soldat Manning s'est ouvert au Maryland

03/06/2013 07:10 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

FORT MEADE, États-Unis - Le procès en cour martiale du jeune soldat américain accusé d'avoir transmis des milliers de documents confidentiels au site WikiLeaks s'est ouvert lundi sur la base de Fort Meade, au Maryland.

Les procureurs militaires ont accusé Bradley Manning, 25 ans, d'être responsable de ce qu'ils ont décrit comme la plus grande fuite de renseignements confidentiels de l'histoire des États-Unis.

Ils ont présenté leur dossier en énumérant les motivations du soldat pour avoir fourni des secrets militaires à «l'ennemi» et ont souligné que certaines informations avaient par la suite été retrouvées dans la cachette d'Oussama Ben Laden au Pakistan.

Bradley Manning «a utilisé son entraînement militaire pour obtenir la notoriété qu'il désirait», a déclaré le capitaine Joe Morrow à l'ouverture du procès.

«Ce dossier concerne un soldat qui a systématiquement récolté des centaines de milliers de documents classifiés et qui les a largués sur Internet, dans les mains de l'ennemi. Avec sa formation militaire, il savait que ce matériel mettrait à risque la vie de ses collègues soldats», a déclaré le procureur.

Le soldat Manning, qui travaillait comme analyste du renseignement militaire en Irak, a admis avoir transmis des centaines de milliers de documents sensibles au site WikiLeaks.

Lors d'une audience préliminaire en février, Bradley Manning a déclaré qu'il avait transmis des informations qui le «dérangeaient» et le «troublaient», mais a nié avoir fourni à WikiLeaks du matériel qui mettrait en danger la sécurité des États-Unis. Il pensait que ces informations permettraient de lancer un débat sur le rôle de l'armée et de la politique étrangère américaines.

«Je croyais que si le public était informé de ces données, cela lancerait un débat public sur les guerres», a-t-il dit.

Mais les procureurs ont fait monter la mise, accusant le soldat d'avoir violé la loi fédérale de 1917 sur l'espionnage et d'avoir aidé «l'ennemi», un crime passible de la prison à vie. Bradley Manning a plaidé non coupable à cette accusation.

L'avocat de la défense, David Coombs, a déclaré que le soldat était «jeune, naïf mais bien intentionné». Il a affirmé que son client pensait que la divulgation d'informations choisies rendrait le monde meilleur, soulignant notamment une vidéo de 2007 où l'on voit un hélicoptère militaire américain attaquer des civils en Irak, dont un photographe de l'agence Reuters.

«Il pensait que cette information montrerait le peu de valeur que nous accordons à la vie humaine. Il était troublé par cela. Il pensait que si le public américain la voyait, il serait troublé lui aussi», a poursuivi l'avocat.

Une vingtaine de partisans du soldat ont manifesté lundi devant la porte des visiteurs de la base de Fort Meade. Ils portaient des pancartes où l'on pouvait lire: «Libérez Bradley Manning» et «Où est la vérité?».

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