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Premières signatures pour le traité international sur le commerce des armes

03/06/2013 10:51 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

Une soixantaine de pays ont commencé lundi à signer le premier traité sur le commerce international des armes conventionnelles, adopté en avril dernier mais qui n'entrera en vigueur qu'après 50 ratifications>.

Le ministre des Affaires étrangères argentin Hector Timerman a été le premier à signer le texte sous les applaudissements, lors d'une cérémonie au siège de l'ONU à New York.

Selon des diplomates, 61 pays devaient parapher le traité lundi, dont les Européens et plusieurs pays d'Amérique latine (Costa Rica, Brésil, Mexique, Chili) et d'Afrique.

Les Etats-Unis, principal pourvoyeur d'armes de la planète, devraient signer plus tard tandis que la Russie et la Chine ont réservé leur position.

Le traité, qui était en discussion depuis 2006, est censé moraliser les ventes d'armes conventionnelles, un marché de 80 milliards de dollars par an.

Chaque pays devra évaluer avant toute transaction si les armes vendues risquent d'être utilisées pour contourner un embargo international, violer les droits de l'homme ou être détournées au profit de terroristes ou de criminels.

L'Assemblée générale de l'ONU a adopté le traité le 2 avril dernier par 154 voix pour et trois contre (Syrie, Corée du Nord, Iran) mais 23 pays se sont abstenus, parmi lesquels certains des principaux exportateurs (Russie, Chine) ou acheteurs de ces armes (Egypte, Inde, Indonésie).

Il avait fallu deux longues sessions de négociation, en juillet 2012 puis en mars dernier, pour mettre au point ce texte d'une quinzaine de pages. Chaque pays est libre de signer ou non le traité et de le ratifier.

Il entrera en vigueur à partir de la 50e ratification, ce qui devrait prendre "un peu plus d'an", a précisé le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja. Les armes classiques "sont les vraies armes de destruction massive si on considère les milliers de personnes tuées chaque jour".

"C'est un grand jour pour nous tous mais il s'agit d'une étape intermédiaire", a souligné le ministre finlandais: "Pour que le traité soit réellement efficace il faudra que les principaux acteurs du commerce des armes soient inclus".

Il s'exprimait lors d'une conférence de presse à laquelle participaient des représentants de sept pays à l'origine de la négociation du texte (Argentine, Finlande, Australie, Costa Rica, Japon, Kenya, Royaume-Uni).

Dans une déclaration commune, ces pays ont "demandé instamment à tous les Etats de faire le maximum d'efforts pour signer et ratifier le traite dès que possible".

Le chef de la diplomate argentine Hector Timerman a critiqué implicitement les Etats-Unis en soulignant que "certains pays ne signeront pas le traité aujourd'hui à cause des lobbies qui luttent contre le contrôle des armes", une allusion à l'influence de la National Rifle Association (NRA).

En se déplaçant à New York pour signer, le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a dit vouloir "donner un signal" en direction des pays encore hésitants. "C'est une percée historique (..) mais pas le point final", a-t-il estimé.

avz/mdm

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