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Premier jour de travail du nouveau gouverneur de la Banque du Canada

03/06/2013 08:21 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

Le fonctionnaire d'expérience Stephen Poloz a fait son entrée lundi en tant que gouverneur de la Banque du Canada. Il succède ainsi à Mark Carney, qui a accepté de prendre les rênes de la Banque d'Angleterre après un mandat de cinq ans à la banque centrale canadienne.

La nomination de M. Poloz, le 3 mai dernier, a surpris certains observateurs qui percevaient sa candidature comme étant « extérieure » à la Banque du Canada.

Entré à la banque centrale en 1981, Stephen Poloz y a travaillé pendant 14 ans. En 1999, il est nommé économiste en chef à Exportation et développement Canada (EDC), pour ensuite être nommé président et chef de la direction d'EDC en janvier 2011, poste qu'il occupait au moment de sa nomination à la Banque du Canada.

Le jour de sa nomination, le ministre des Finances, Jim Flaherty, a reconnu la diversité de l'expérience de M. Poloz.

« Stephen a une longue carrière dans le secteur public et privé. Il apporte une grande expérience des affaires à son poste. C'est un excellent choix pour les années à venir », avait indiqué le ministre Flaherty.

Nouveau mandat, nouvelle orientation?

L'emploi qu'a occupé M. Poloz avant son entrée en poste comme gouverneur ne manque pas de soulever quelques questions concernant les futures orientations de la politique monétaire canadienne.

À court terme, cependant, aucun changement n'est à prévoir, selon l'économiste principal de la Banque Nationale, Krishen Rangasamy.

« C'est sûr qu'il sera peut-être un peu plus sensible aux problèmes des exportateurs que son prédécesseur. Mais à savoir que la Banque du Canada changera de cap immédiatement, [je] ne pense pas que ce sera tout de suite », croit M. Rangasamy.

L'ère Carney s'est caractérisée par le maintien du taux directeur à 1 %, de septembre 2010 jusqu'à sa décision de reconduire ce taux le 29 mai 2013. La prochaine date de fixation du taux directeur est le 17 juillet.

Mais si la Banque du Canada a un nouveau gouverneur, le conseil de direction, lui, reste le même, rappelle M. Rangasamy.

« Le conseil de direction ne manquera pas de faire comprendre à M. Poloz les risques que pose l'endettement des ménages au Canada. À court terme, donc, ils vont peut-être garder le même penchant », suppose l'économiste de la Banque Nationale.

L'une des seules façons pour M. Poloz d'aider les exportateurs qui se plaignent d'un dollar canadien trop fort pourrait être d'envoyer un message aux marchés des devises comme quoi il est mal à l'aise avec le taux de change actuel.

Il s'agit, selon M. Rangasamy, d'une des mesures indirectes à la portée de M. Poloz.

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