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Meurtre d'un soldat à Londres: les accusés comparaissent pour la première fois

03/06/2013 12:36 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

LONDRES - L'un des deux principaux suspects du meurtre sordide d'un soldat britannique dans une rue de Londres a fait sa première apparition en cour lundi, embrassant un exemplaire du Coran et brandissant son bras blessé dans les airs.

Michael Adebolajo, 28 ans, qui a été atteint par les tirs de la police avant d'être arrêté sur les lieux du meurtre le 22 mai, a comparu devant le tribunal de Westminster, le bras gauche recouvert d'un bandage.

L'accusé, qui a demandé de se faire appeler Moujahid Abou Hamza par la cour, fait face à des accusations de meurtre, de tentative de meurtre contre deux policiers et de possession d'une arme à feu.

Son complice présumé, Michael Adebolawe, 22 ans, a comparu plus tard lundi lors d'une audience distincte. Il est également accusé du meurtre du soldat Lee Rigby, de même que de possession d'une arme à feu.

Les deux hommes ont été neutralisés par la police et placés sous surveillance policière à l'hôpital après l'attaque contre le soldat, qui a été renversé par un véhicule avant d'être poignardé à répétition alors qu'il rentrait à sa caserne, dans le sud-est de Londres.

Vêtu d'un t-shirt et d'un pantalon blancs, Michael Adebolajo a soufflé un baiser à un homme assis dans la tribune réservée au public, et les deux hommes ont ensuite pointé le doigt vers le ciel.

Quand il s'est fait demander de se lever, l'accusé a obtempéré, tout en lançant «Puis-je demander pourquoi?» et en affirmant qu'il voulait s'asseoir.

Il restera en détention en attendant une nouvelle audience prévue dans deux jours pour décider de son éventuelle libération sous caution.

La police a arrêté et interrogé plusieurs autres suspects dans cette affaire. Le premier ministre britannique, David Cameron, a salué lundi les efforts des forces de l'ordre, tout en insistant sur l'importance de tirer les leçons de cette attaque.

Devant les députés, il a déclaré que les commissions sur le renseignement et sur la sécurité du Parlement feraient un rapport à la fin de l'année sur ce qui aurait pu être fait pour empêcher le meurtre du soldat.

«Quand de jeunes hommes nés et élevés dans ce pays se radicalisent et se transforment en tueurs, nous devons nous poser des questions difficiles sur ce qui se passe dans notre pays», a dit M. Cameron. «C'est comme si, pour certaines jeunes personnes, un convoyeur menant à la radicalisation avait empoisonné leur esprit avec des idées malades et tordues. Nous devons démanteler ce processus à chacune de ses étapes.»

Le premier ministre a par ailleurs annoncé que le comité chargé de se pencher sur la radicalisation des jeunes Britanniques s'était réuni pour la première fois.

Le comité devra notamment déterminer si les règles encadrant les organismes de charité sont trop laxistes et si elles permettent aux extrémistes de prospérer. Il analysera aussi la question des groupes extrémistes dans les universités et de l'aide à apporter aux mosquées qui veulent expulser des extrémistes.

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