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Les bureaux de SNC-Lavalin en Algérie ont fait l'objet de perquisitions

03/06/2013 12:40 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - SNC-Lavalin (TSX:SNC) espère qu'une perquisition menée récemment dans ses bureaux algériens permettra de faire la lumière sur une affaire de corruption qui a terni la réputation du géant canadien de l'ingénierie.

«Chaque enquête nous rapproche un peu plus de la vérité parce que la compagnie a clairement été leurrée sur beaucoup de choses par certains de ses anciens employés», a déclaré la porte-parole de SNC-Lavalin, Leslie Quinton, dans une entrevue accordée lundi.

L'entreprise établie à Montréal a révélé qu'elle s'attendait à ce qu'une série d'investigations et de perquisitions surviennent après avoir fourni des renseignements à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en mars 2012.

Une enquête interne a permis de découvrir 56 millions $ en paiements à des agents étrangers non identifiés. L'ex-PDG de la firme, Pierre Duhaime, a été relevé de ses fonctions et plus tard accusé de fraude concernant des pots-de-vin de 22,5 millions $ liés à la construction du Centre universitaire de santé McGill.

«Ce n'était pas étonnant que les autorités passent à l'étape suivante, a affirmé Mme Quinton. Ce que nous ne savions pas, c'est à quel point nous avions été trompés dans certains cas.»

SNC-Lavalin a confirmé que la police avait perquisitionné ses bureaux en Algérie le 27 mai. La porte-parole a indiqué que les forces de l'ordre n'avaient donné aucun détail à l'entreprise au sujet de cette perquisition.

Selon les médias algériens, les autorités enquêtent sur un contrat de 825 millions $ obtenu par SNC-Lavalin en 2005 pour la construction de la centrale électrique de Hadjret Ennous près d'Alger. Les policiers ont emporté des dossiers et d'autre matériel après avoir bouclé l'édifice pendant huit heures.

C'était la troisième perquisition à avoir lieu dans des bureaux de la firme et la première à l'extérieur du Canada. La GRC avait précédemment fouillé les locaux de SNC-Lavalin à Oakville, en Ontario, en lien avec une affaire de pots-de-vin au Bangladesh et son siège social à Montréal à la demande des autorités suisses.

L'investigation algérienne a été lancée en raison d'informations recueillies par la Suisse dans le cadre de son enquête sur l'ancien vice-président de la division construction de SNC-Lavalin Riadh Ben Aïssa, qui est emprisonné depuis plus d'un an sans que des accusations officielles n'aient été déposées contre lui.

Un lien a été établi entre Ben Aïssa et le consultant algérien Farid Bedjaoui, qui aurait transféré environ 200 millions $ à des leaders en Algérie afin d'aider plusieurs entreprises à remporter des contrats accordés par la société d'État Sonatrach, une compagnie pétrolière.

Bedjaoui a fait ses études aux HEC de Montréal et est le neveu de l'ex-ministre algérien des Affaires étrangères Mohammed Bedjaoui.

Leslie Quinton a expliqué que SNC-Lavalin n'avait eu aucun contact direct avec le consultant, mais avait plus tard appris qu'elle donnait du travail en sous-traitance à ses sociétés. «Nous ne savions pas que nous avions des liens d'affaires avec Bedjaoui jusqu'à ce que la police suisse nous fasse part de ses découvertes», a-t-elle précisé.

Le jour où ses bureaux algériens ont été perquisitionnés, SNC-Lavalin a annoncé une «amnistie» de trois mois durant laquelle ses employés pourront rapporter des violations au code d'éthique de la compagnie sans craindre d'être licenciés ou poursuivis en justice.

Cette amnistie n'est pas valide pour les cadres travaillant au bureau du président, pour les comités de gestion et pour quiconque aurait tiré directement profit de la corruption.

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