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La commission Ménard entend se tenir loin des jugements politiques ou autres

03/06/2013 11:59 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Critiquée de toutes parts et boycottée par plusieurs, la commission spéciale d'examen des événements du printemps 2012 a amorcé ses travaux lundi avec la promesse de son président, l'ex-ministre péquiste Serge Ménard, de demeurer apolitique et de ne pas porter de jugement sur les différents acteurs du «Printemps érable».

Il a insisté à maintes reprises sur le fait que la commission n'a pas le mandat de faire le procès des policiers ou des organisations étudiantes, ces questions relevant des tribunaux et comités de déontologie.

Serge Ménard a précisé que le mandat de la commission est plutôt d'examiner d'un côté les techniques utilisées par les forces policière et pourquoi celles-ci ont donné lieu à des débordements et, de l'autre, quelles ont été les méthodes employées par les casseurs et autres agitateurs qui ont miné la crédibilité de manifestations légitimes.

M. Ménard estime que les critiques à l'endroit de la commission étaient prématurées, tout comme les appels au boycott.

«Je crois qu'en refusant (de venir), ils ont porté un jugement un peu rapide après une lecture trop rapide du décret qui nous a été donné et avant de m'avoir entendu», a-t-il déploré lors d'une conférence de presse à Montréal marquant le début des travaux.

Déjà, l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) a fait part de son intention de boycotter l'événement. La Fédérations étudiante collégiale du Québec (FECQ) doit prendre une décision quant à sa participation ou non lors de son congrès le week-end prochain, alors que la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) en fera autant dans deux semaines.

Du côté policier, les directions des corps policiers de Montréal et de la Sûreté du Québec ont confirmé leur présence mais leurs deux syndicats, la Fraternité des policiers de Montréal et l'Association des policiers provinciaux du Québec, ont opposé un refus catégorique, ce qui n'a pas empêché Serge Ménard de les appeler à se présenter sur une base individuelle.

«Nous aimerions avoir l'opinion des policiers qui étaient sur le terrain et nous voudrions probablement les entendre aussi en privé pour qu'ils se vident le coeur, pour qu'ils nous expliquent les difficultés qu'ils ont eues, pour qu'ils n'aient pas peur de passer pour des plaignards devant les caméras», a-t-il dit.

Devant les reproches de partisanerie, l'ex-ministre de la Sécurité publique sous les gouvernements Parizeau, Landry et Bouchard a réfuté ces allégations du revers de la main, disant ne pas être sorti de sa retraite pour sombrer dans la petite partisanerie.

La commissaire Claudette Carbonneau, ex-présidente de la CSN qui s'était prononcée contre la hausse des droits de scolarité à l'origine des manifestations, a invité les observateurs à éviter de faire «des amalgames».

«Ce n'est pas parce que tu es pour un gel des droits de scolarité que tu es contre la police, a-t-elle rappelé. Ce n'est pas parce que tu défends le droit de manifester que tu fais des appels à la violence, au contraire. Et ce n'est pas parce que tu défends le droit de manifester que tu ne reconnais pas qu'il y a un rôle légitime, utile, nécessaire de la police dans les circonstances.»

Le troisième commissaire, l'ex-juge Bernard Grenier, n'a pas eu à défendre sa neutralité, en vertu de sa feuille de route irréprochable, ayant notamment été observateur aux mégaprocès du Centre judiciaire Gouin, conseiller spécial du ministre fédéral de la Justice en matière d’erreurs judiciaires et commissaire enquêteur pour le Directeur général des élections du Québec dans le dossier d’Option Canada.

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