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Jean Charest croit toujours au traité de libre-échange Canada-UE

03/06/2013 07:01 EDT | Actualisé 03/08/2013 05:12 EDT

Sortant de son mutisme pour une rare fois depuis qu'il n'est plus premier ministre, Jean Charest affirme en entrevue à Radio-Canada qu'il est urgent que l'accord de libre-échange Canada-Union européenne (UE) soit réglé et que cela devrait se faire dans les 10 jours.

M. Charest, qui milite depuis longtemps pour un tel traité, explique que les prochaines négociations de libre-échange entre l'UE et les États-Unis ont été mises à l'ordre du jour du sommet du G8 qui se tiendra en Irlande du Nord à compter du 17 juin. L'ancien premier ministre craint qu'une fois celles-ci sous les projecteurs, elles relégueront les tractations avec le Canada à l'arrière-plan ou forceront des négociations à trois qui « dilueraient » les demandes canadiennes.

Jean Charest souligne que déjà, l'idée d'une négociation avec nos voisins du Sud a changé les façons de voir les pourparlers avec le Canada, puisqu'on se demande sans cesse si ceux-ci peuvent avoir un impact sur le traité avec les États-Unis.

Tout de même, Jean Charest pense qu'il y a seulement 10 % de possibilité d'échec à l'accord entre le Canada et l'UE, mais « c'est le dernier 10 % qui est toujours le plus difficile ». L'ancien premier ministre pense qu'une des conditions de la réussite des négociations est l'intervention directe du premier ministre Stephen Harper qui doit dès maintenant, selon M.  Charest, discuter avec les premiers ministres allemand, français et britannique et avec les autres acteurs clés du côté européen.

Selon Jean Charest, il y a cependant peu de risques de grandes concessions du côté canadien, puisque les sujets en litige sont en discussion depuis trois ans.

Il affirme qu'en agriculture, la gestion de l'offre sera protégée au Québec, mais on augmentera probablement le quota de fromages européens qui pourront être exportés ici. Quant à l'accès des entreprises aux marchés publics, il croit que le tout sera réglé dans la réciprocité, alors que la protection de la propriété intellectuelle risque de répondre aux demandes québécoises qui ont toujours été plus exigeantes que celles du reste du Canada.

Finalement, Jean Charest est persuadé qu'il était essentiel d'entamer ce genre de démarche.

« Nous allons en sortir gagnants [...] Nous sommes 34 millions, ils sont 500 millions, l'un des plus grands marchés au monde », rappelle-t-il.

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