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Turquie : troisième journée de manifestations à Istanbul

02/06/2013 02:22 EDT | Actualisé 01/08/2013 05:12 EDT

Des milliers de personnes occupent toujours dimanche la place Taksim, au centre d'Istanbul, en Turquie, pour une troisième journée de protestations contre le premier ministre Recep Tayyip Erdogan.

La manifestation se déroule dans le calme. Plus tôt, la place était nettoyée des débris qui jonchaient le sol à la suite des manifestations violentes des derniers jours, qui constituent le plus violent mouvement de contestation depuis des années en Turquie. La police turque, qui bloquait l'accès à la place Taksim, s'est finalement retirée au cours de la journée samedi, permettant aux manifestants de réoccuper la place.

Dans la capitale, Ankara, la police a tiré dimanche après-midi des gaz lacrymogènes pour disperser un groupe d'un millier de manifestants, a rapporté la chaîne de télévision NTV.

Les forces de l'ordre sont intervenues alors que les protestataires se dirigeaient vers les bureaux du premier ministre Erdogan, selon NTV.

Le ministre de l'Intérieur, Muammer Güler, a annoncé samedi à la télévision que la police avait arrêté 939 personnes au cours de 90 manifestations survenues dans 48 villes, mais que certaines de ces personnes étaient déjà libres.

Recep Tayyip Erdogan a lui demandé l'arrêt immédiat des manifestations et a affirmé qu'il entendait mener à bien le projet d'aménagement urbain prévu place Taksim, à l'origine du mouvement de protestation.

Il a par ailleurs accusé l'opposition laïque, ciblant particulièrement le Parti républicain du peuple (créé en 1924 par le fondateur de la Turquie moderne, Kemal Atatürk), d'être derrière l'agitation populaire.

Les affrontements à Istanbul et dans d'autres villes ont fait en deux jours 79 blessés, dont 53 civils et 26 policiers, selon le bilan officiel. Amnestie Internationale parle de deux morts et de plus d'un millier de blessés, des chiffres non confirmés.

C'est l'arrachage de plusieurs arbres dans le parc Gezi situé sur la place qui a provoqué une réaction de colère de la part des habitants, et cette réaction de refus s'est transformée en mobilisation contre le gouvernement.

Issu de la mouvance islamiste, M. Erdogan est régulièrement accusé par les milieux pro-laïcité de dérives autoritaires et de vouloir « islamiser » la société turque.

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