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Les Premières Nations se mobiliseront si Harper n'agit pas, dit Shawn Atleo

02/06/2013 05:19 EDT | Actualisé 02/08/2013 05:12 EDT

OTTAWA - L'ampleur des mouvements sociaux des autochtones au cours de la saison estivale dépendra en grande partie de la volonté du premier ministre Stephen Harper de faire respecter les droits garantis par traité, selon le chef national de l'Assemblée des Premières Nations.

Shawn Atleo dresse un bilan mitigé du processus entamé en grande pompe en janvier lorsque MM. Harper et Atleo se sont rencontrés pour la dernière fois.

«Le statu quo ne fait que prolonger les conflits, a dit M. Atleo à La Presse Canadienne. Les expressions de bonne foi — et la mise en place des engagements de janvier —, voilà ce qui est nécessaire.»

Au cours d'une entrevue portant sur plusieurs dossiers, M. Atleo a indiqué que les discussions entre des hauts fonctionnaires gouvernementaux et les Premières Nations de certaines parties du pays sur la façon de faire respecter les droits décrits dans les traités progressaient lentement.

Selon M. Atleo et plusieurs leaders des Premières Nations, la reconnaissance complète des droits garantis par traité mènera à une amélioration des conditions dans de nombreux secteurs — en éducation, en logement, et en ce qui concerne le partage des revenus de l'exploitation des ressources naturelles.

«Nous avons vu des signes de la part du gouvernement à l'effet qu'il est prêt à poser ce geste», a affirmé M. Atleo.

Au même moment, cependant, Ottawa continue de s'opposer aux Premières Nations en cour à propos du financement des services destinés aux enfants, d'imposer des lois sans consulter ceux qui seront affectés, en plus de résister aux appels pressants pour déclencher une enquête publique sur les centaines de femmes autochtones assassinées ou portées disparues.

En plus, le gouvernement refuse de divulguer la majorité de la documentation nécessaire pour comprendre l'impact du système de pensionnats autochtones.

Du côté des autochtones, plusieurs Premières Nations sont mécontentes des modifications importantes apportées aux normes de protection environnementale imposées par une loi fédérale au cours de la dernière année.

Alors que les jeunes autochtones sont de plus en plus éduqués et davantage connectés via les médias sociaux, leur scepticisme envers l'establishment augmente, qu'il s'agisse du gouvernement fédéral ou de la complexe structure des chefs établie en vertu de la Loi sur les Indiens, dit M. Atleo.

«Ils... ne se laisseront pas influencer par des communiqués de presse ou des déclarations officielles du gouvernement qui disent qu'ils travaillent et que c'est suffisant. Parce que ça ne l'est pas», a déclaré M. Atleo. «Ils le font savoir clairement en s'exprimant. Et ils seront entendus.»

Des militants affirment déjà qu'ils ne sont pas prêts à attendre.

Des organisateurs du mouvement «Idle No More» ont quant à eux indiqué qu'ils travaillaient avec d'autres groupes expérimentés pour organiser un «Été de la souveraineté» qui protestera contre les projets d'exploitations de ressources naturelles et de construction d'oléoducs à travers le pays, appuyé par des manifestations dans les villes.

Alors que le gouvernement de la Colombie-Britannique a porté un nouveau coup au projet d'oléoduc Northern Gateway la semaine dernière, le mouvement d'opposition se concentrera autour de la proposition d'inversion du flux de l'oléoduc Ligne 9. Ce plan permettrait de transporter du pétrole des sables bitumineux de Sarnia, en Ontario, à Montréal, souligne Clayton Thomas-Muller, porte-parole de l'«Été de la souveraineté».

Dans son entrevue, le chef Atleo a fréquemment mentionné que les traités comprenaient un engagement envers la paix et l'amitié, et que les anciens des communautés rappelaient constamment cette obligation aux jeunes.

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