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Les pistes des aéroports de l'Arctique sont vétustes, disent les pilotes

02/06/2013 04:51 EDT | Actualisé 02/08/2013 05:12 EDT

EDMONTON - Des pilotes affirment que les aéroports canadiens en Arctique deviennent si vieux qu'ils forcent les transporteurs aériens à réduire l'envergure de ce qui sont souvent les seuls liens des communautés nordiques avec le monde extérieur.

Lors d'une conférence tenue la semaine dernière à Ottawa par le plus important syndicat de pilotes, l'Air Line Pilots Association, les délégués ont appris que de nouvelles normes proposées par le gouvernement fédéral pourraient faire empirer la situation.

Selon Stephen Nourse, l'un des orateurs de la conférence, certains avions bimoteurs de la vieille génération atteignent la fin de leur cycle de vie et ceux de la plus récente gamme ne peuvent être utilisés parce que les pistes ne peuvent les accueillir.

Selon Peter Black, un pilote de la compagnie First Air qui dirige le comité des activités éloignées du syndicat, la majorité des pistes nordiques du Canada ont été bâties dans les années 1950 dans le cadre des initiatives de défense de la Guerre froide.

Si elles ont été bien entretenues, peu de pistes ont été améliorées. M. Nourse précise que seules 10 des dizaines de pistes dans les trois territoires sont pavées, contrairement à 61 pistes pavées en Alaska voisin.

Les appareils les plus modernes pouvant se poser sur la rocaille, le Boeing 737-200, est utilisé par plusieurs transporteurs, mais s'il est encore fiable et sécuritaire, ce modèle remonte aux années 1970.

«L'avion moderne consomme probablement moitié moins de carburant, transporte plus de chargement et le fait pour moins cher par voyage. Mais il ne peut atterrir sur la rocaille», a dit M. Black.

Le fossé entre les vieilles pistes et les nouveaux avions pourrait être aggravé par des normes proposées par le fédéral qui exigeraient de l'espace supplémentaire aux deux extrémités d'une piste pour permettre les dépassements, dit M. Black. Bien que les modifications puissent permettre aux aéroports situés au sud de respecter les normes internationales, il n'est parfois pas possible de prolonger les pistes dans le Nord.

Les inquiétudes des pilotes sont soutenues par un récent rapport sénatorial sur l'aviation.

«Nous traînons de la patte», a déclaré le sénateur libéral Dennis Dawson, qui a dirigé le comité ayant produit le rapport.

Les responsables du ministère fédéral des Transports avaient cependant bien peu à dire sur le sujet.

M. Dawson estime qu'alors que le développement des ressources naturelles doit augmenter dans le Nord; bien davantage de fonds fédéraux devraient être consacrés à l'amélioration des pistes arctiques.

Il affirme que le Programme d'aide aux immobilisations aéroportuaires, qui reçoit un budget moyen de 38 millions $ par année pour l'ensemble du pays, n'est pas suffisant.

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