DIVERTISSEMENT

Casanova était un séducteur, mais pas un prédateur, selon John Malkovich

02/06/2013 02:40 EDT | Actualisé 02/08/2013 05:12 EDT
PC

TORONTO - Lorsque John Malkovich a accepté de jouer un Casanova vieillissant dans la pièce de théâtre The Giacomo Variations, il a lu au complet les mémoires du célèbre aventurier, écrivain et séducteur italien.

Après avoir dévoré deux fois le volume de 3700 pages, d'abord pour la pièce et ensuite pour son adaptation cinématographique, il a conclu que, si Giacomo Casanova avait bel et bien été le charmant et légendaire amoureux qu'il est devenu aux yeux du monde, il n'avait pas nécessairement été un prédateur.

«Je ne sais pas vraiment s'il a été un prédateur en tant que tel», a déclaré l'excentrique acteur de sa voix calme lors d'une récente entrevue téléphonique depuis Paris. «Il a probablement eu beaucoup de conquêtes mais, la plupart du temps, il était en amour et c'était les femmes qui le quittaient.»

The Giacomo Variations, dont la première mondiale a eu lieu à Vienne en 2011, sera présentée à la Place des Arts mardi et mercredi prochains avant de prendre l'affiche au Théâtre Elgin, à Toronto, du 7 au 9 juin.

Michael Sturminger a écrit et mis en scène ce mélange de théâtre et d'opéra basé sur un concept musical de Martin Haselböck. Les 35 musiciens de l'orchestre viennois Wiener Akademie jouent la musique de l'opéra créé par Mozart et le librettiste Lorenzo Da Ponte.

À la fois dramatique et humoristique, la pièce met en scène Casanova à 73 ans, l'âge auquel il est mort en 1798, qui travaille comme bibliothécaire, écrit ses mémoires et admirent les femmes dans le château du comte von Waldstein situé dans le nord de la Bohême, en République tchèque.

John Malkovich, qui a collaboré à la révision du texte, a affirmé qu'il était possible que l'autobiographie du charmeur contienne une bonne part de fiction, mais qu'il avait tout de même eu l'impression que le Vénitien était quelqu'un qui tombait très souvent en amour.

Selon les mémoires, la femme qui a eu la plus grande importance dans la vie de Casanova était une Française appelée Henriette. Mais l'acteur croit que le tombeur admirait surtout cette dame parce que c'était elle qui l'avait quitté.

The Giacomo Variations parle également d'une relation aussi brève et intense que torturée entre Casanova et une jeune fille prénommée Catarina, qui finit par se retrouver enceinte et être envoyée dans un couvent où elle présente son amant à une «religieuse très séduisante».

Il y a aussi l'amour impossible de Casanova pour une jeune femme rencontrée par l'entremise du comte de Naples. Follement amoureux d'elle, il finit par se rendre compte qu'elle est en fait sa fille.

Casanova n'est pas le seul libertin que John Malkovich a interprété dans sa carrière, lui qui a déjà incarné le vicomte de Valmont dans Dangerous Liaisons et John Wilmot, 2e comte de Rochester, dans la pièce The Libertine, dont il a plus tard produit la version cinématographique.

Ce n'est pas la première fois non plus qu'il fait de l'opéra puisqu'il a joué dans The Infernal Comedy, une pièce créée par la même équipe de production que The Giacomo Variations.

La vedette, qui a remporté deux fois l'oscar du meilleur acteur de soutien, compte d'ailleurs faire un troisième projet avec cette équipe dans quelques années. En attendant, ils travaillent sur l'adaptation pour le cinéma de The Giacomo Variations, dont le tournage devrait commencer à la fin du mois de juillet à Lisbonne.

John Malkovich planche aussi sur sa propre collection de vêtements et aimerait bien décrocher des rôles plus légers, et agir de nouveau comme hôte à Saturday Night Live.

«Je préfère les blagues et les comédies, mais comme ce sont les autres qui attribuent les rôles, c'est eux qui choisissent ce qu'ils aiment le mieux me voir faire, a indiqué l'acteur. Ce que je préfère faire n'intéresse pas beaucoup les gens et ma carrière en est la preuve.»