DIVERTISSEMENT

Mutek 2013: Pantha du Prince à la maison symphonique

01/06/2013 05:00 EDT | Actualisé 01/08/2013 05:12 EDT
Sarah-Émilie Nault

Artiste techno depuis plus d’une décennie, pionnier des microhouse et techno minimal modernes, Pantha du Prince est de passage à Montréal pour nous présenter sa symphonie électronique nouveau genre. Flanqué du collectif de musiciens norvégiens The Bell Laboratory, il fera vibrer la maison symphonique ce dimanche dans le cadre du festival Mutek.

« Mutek et moi ne sommes pas là pour faire de l’argent, nous ne sommes pas des produits commerciaux », explique Pantha du Prince. Nous sommes reliés par nos contenus et c’est la raison pour laquelle nous avons une si belle connexion. »

Le compositeur allemand a horreur d’être étiqueté ou d’être mis dans une boîte. Il trouve important de mentionner et d’afficher sa différence par sa position sur la création, l’art et la musique. Pour lui - et ce sera le cas dimanche soir -, une performance, tout comme l’art lui-même, se ressent et s’imprègne de ce qui l’entoure.

« Mutek pose un regard d’ensemble sur la musique électronique, ils ont accès à ce qui est underground mais voient quand même ce qu’il y a autour et qui est plus grand public. C’est très rare de voir les deux se produire en même temps et c’est très intéressant, dit-il. Cela produit une belle énergie, mais aussi des frictions et c’est ce qui est bien; arriver à faire dialoguer des artistes et des styles si différents. À un niveau intellectuel aussi, il y a une continuité avec Mutek qu’on ne retrouve pas dans d’autres festivals. C’est un échange continuel avec le monde. »

Le long des 45 minutes (ou plus, « cela dépend des gens, de l’audience et de leur réponse à ce que nous allons leur offrir ») de performance de dimanche, ses cinq acolytes musiciens joueront de toutes sortes de cloches et d'instruments. Une prestation réglée au quart de tour, laissant tout de même une grande place à l’improvisation.

« Chacun a un rôle très défini à jouer. Ils jouent de certains instruments à certains moments précis, puis ils utilisent certains instruments différemment, alors on doit s'ajuster les uns aux autres», explique Pantha du Prince.

« Il s’agit d’un genre de grand organisme à l'intérieur duquel on retrouve plusieurs microorganismes, et tout cela empli la scène. Chaque musicien sur scène a son monde à lui, même si tout cela est relié à mon ordinateur. C'est au spectateur de trouver le musicien qui l'intéresse à un moment précis. Nous sommes un cerveau, un système neurologique, mais nous pouvons interagir. »

La performance de dimanche sera donc un amalgame entre des moments où tous les artistes seront synchronisés et d'autres, où ils réagiront « complètement et instinctivement » entre eux.

« Je continue aussi à faire ce que je fais habituellement lorsque je suis seul, en tant que Pantha du Prince. J'ai cette façon de me souvenir, de recombiner et de reconnecter, alors jouer en plus de tout cela forme des moments uniques », ajoute-t-il.

Comme pour chacune de ses prestations, Pantha du Prince veut que celle de dimanche soit unique.

« Ce que vous entendrez demain soir sera quelque chose que vous ne pourrez entendre qu'une seule fois. Cela ne peut se répéter. Il y a plusieurs choses qui se créeront sur le moment et d'autres qui sont bien prévues, parce que la musique électronique change tellement et parce que l'intuition nous fait faire ce que nous ressentons à un certain moment. C'est ce qui fait que, d'une performance à l'autre, il y a ces variations et ces différences », dit-il de façon quelque peu mystérieuse.

Le compositeur insiste aussi sur le rôle et l’importance de la salle où il se produit. « Nous incorporons la salle dans notre performance. C'est toujours spécial. Chaque salle sonne et résonne différemment, alors c'est chaque fois une nouvelle expérience. » Même s’il ne pourra tester l’acoustique de la maison symphonique de Montréal que le jour même du spectacle, il croit que « ce sera extraordinaire. »

« Une chose est sûre, l’idée derrière la jolie tête de Pantha du Prince semble aussi précise que joliment vague, aussi originale qu’unique, bref totalement à son image. »

Pantha du Prince & The Bell Laboratory : dimanche le 2 juin à 19h à la maison symphonique.

Pour plus d’informations : www.mutek.org

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