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Washington et Berlin exhortent Moscou à ne plus livrer d'armes à la Syrie

31/05/2013 12:20 EDT | Actualisé 31/07/2013 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue allemand Guido Westerwelle ont exhorté vendredi la Russie à cesser de livrer des armes à la Syrie pour ne pas mettre en péril une conférence internationale de paix sur le conflit syrien prévue à Genève.

"Cela n'aide pas d'avoir les (missiles sol-air sophistiqués russes) S-300 transférés dans la région au moment où l'on tente d'organiser cette paix et de créer cette paix", a déclaré M. Kerry lors d'un point de presse commun avec le chef de la diplomatie allemande.

Ce dernier a aussi mis en garde Moscou.

"Nous disons à nos collègues russes, ne mettez pas en danger la conférence de Genève. La livraison d'armes au régime (du président syrien Bachar al) Assad est une erreur complète", a martelé M. Westerwelle.

M. Kerry, qui a initié avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, l'idée d'une conférence internationale de paix sur la Syrie prévue en juin et baptisée "Genève 2", a toutefois dit croire dans le "sérieux" de Moscou pour trouver un règlement politique à la guerre.

"A Genève, nous verrons qui est sérieux. Les Russes le sont-ils? Je le crois. Le président (Vladimir) Poutine a dit qu'ils l'étaient. Sergueï Lavrov l'a dit et ils essaient d'organiser" la conférence de Genève, a ajouté le chef de la diplomatie américaine, qui était à Moscou en mai et a multiplié les rencontres en Europe avec M. Lavrov.

Mais M. Kerry a "encore demandé" à la Russie de "ne pas bouleverser l'équilibre dans la région, notamment pour Israël, en fournissant ces armements à Assad, qu'ils s'agisse ou pas d'anciens contrats. Cela a un impact négatif sur (...) la stabilité de la région et fait peser un risque pour Israël", voisin de la Syrie.

Israël s'inquiète de la livraison par la Russie de missiles S-300 à Damas et le président Assad a prévenu jeudi que son régime allait "riposter à toute agression israélienne".

Depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011, les Etats-Unis privilégient la voie diplomatique pour tenter de sceller une transition politique dans ce pays, selon les contours d'un accord signé mais jamais appliqué à Genève le 30 juin 2012.

Washington refuse de fournir des armes à la rébellion mais lui apporte une aide "non létale" conséquente, ainsi qu'une importante assistance humanitaire.

Moscou est en revanche, avec Téhéran, un soutien militaire indéfectible à Damas.

"Si toute le monde est sérieux -- et nous le sommes et les Russes ont dit qu'ils l'étaient -- la meilleure chance de sauver la Syrie (...) passe par un règlement de paix" au cours de la conférence de Genève, a encore plaidé M. Kerry.

L'Iran a indiqué vouloir se rendre à cette conférence voulue par Washington, Moscou et l'ONU. Les Etats-Unis n'ont pas tranché cette question.

Mais M. Kerry a une nouvelle fois dénoncé l'envoi par Téhéran sur le front syrien de "forces" iraniennes, aux côtés du Hezbollah chiite libanais qui épaule l'armée syrienne. L'Iran est "la seule nation dans le monde à avoir ses combattants sur le terrain de façon organisée et soutenue par un Etat", a fustigé le secrétaire d'Etat.

nr/are

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