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Travailleurs temporaires en C.-B.: des courriels illustrent la grogne populaire

31/05/2013 02:31 EDT | Actualisé 31/07/2013 05:12 EDT

VANCOUVER - L'opposition de résidants en Colombie-Britannique face aux intentions d'une entreprise minière d'avoir recours à des travailleurs temporaires étrangers a été féroce, selon ce que révèlent des dizaines de courriels et de lettres de citoyens furieux, dont La Presse Canadienne a obtenu copie.

L'un d'entre eux a soutenu connaître personnellement 40 mineurs au chômage qui seraient plus qu'heureux d'offrir leurs services à la compagnie chinoise HD Mining.

Envoyées entre les mois d'octobre et janvier, ces lettres démontrent que les citoyens de la province n'ont pas cru un mot des déclarations du gouvernement et de HD Mining, qui avaient alors soutenu qu'il n'y avait pas de Canadiens qualifiés pour exécuter le travail.

Un autre résidant a carrément demandé: «Essayez-vous de perdre les prochaines élections?». Les libéraux de la première ministre Christy Clark ont remporté, à la surprise des sondeurs, le scrutin du 14 mai, devançant les néo-démocrates donnés favoris.

L'entreprise, qui souhaite faire venir des travailleurs chinois pour son projet de mine du nord-est de la province, avait vivement défendu son plan d'embauche en octobre dernier. Le ministre de l'Emploi de l'époque, le libéral Pat Bell, était quant à lui devenu l'un des plus ardents partisans du projet.

M. Bell avait annoncé son retrait de la vie politique avant les élections de mai, et a refusé de commenter le dossier. La première ministre Clark doit encore annoncer la formation de son nouveau cabinet.

La minière disait devoir recourir à une méthode qui n'est pas encore utilisée au Canada, mais que des résidants seraient éventuellement formés et embauchés pour le projet.

«La minière affirme qu'il n'y a pas assez de Canadiens qualifiés pour effectuer le travail. La solution serait de les former pour qu'ils puissent le faire. Envoyez-les en Chine s'il le faut. Le gouvernement de la Colombie-Britannique est au courant de ce projet depuis cinq ans. C'est plus qu'assez de temps pour former les Canadiens. Alors pourquoi est-ce que cela n'a pas été fait», s'est insurgé un autre citoyen.

Le ministère de l'Emploi de la Colombie-Britannique s'est contenté de publier un communiqué réitérant la position officielle du gouvernement dans cette affaire, affirmant que des Canadiens travailleraient un jour ou l'autre pour les nouvelles mines qui voient le jour dans la province.

Dans une tentative de calmer la grogne populaire, Ottawa avait annoncé une révision complète du programme des travailleurs étrangers temporaires.

Le mois dernier, le gouvernement fédéral a ainsi dévoilé des modifications au programme d'embauche, dont l'abolition d'une règle permettant aux entreprises d'offrir un salaire jusqu'à 15 pour cent inférieur à celui des employés canadiens.

Par ailleurs, la controverse en Colombie-Britannique rappelle celle qui avait éclaboussé, plus tôt cette année, la Banque Royale du Canada. L'institution a été vivement critiquée pour avoir écarté des employés canadiens afin de recourir à des travailleurs étrangers.

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