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Lutte contre la traite de personnes : 18 pays de l'UE en retard

31/05/2013 10:14 EDT | Actualisé 31/07/2013 05:12 EDT

Deux ans après l'adoption d'une politique commune contre la traite d'êtres humains, 18 pays de l'Union européenne (UE) tardent à mettre en oeuvre la directive commune.

Ces pays retardataires, dont fait partie la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne et les Pays-Bas, risquent des sanctions, a menacé la commissaire européenne chargée des affaires intérieures, Cecilia Malmström, qui n'en a toutefois pas précisé la nature. 

Le phénomène de la traite de personnes est en constante augmentation, avance la commissaire, qui établit à 23 600 personnes le nombre de victimes de traite entre 2008 et 2010, dont la majorité sont des femmes (68 %) et des enfants (15 %).

Quelque 62 % des victimes du trafic d'êtres humains sont asservies à des fins sexuelles, tandis que 25 % sont contraintes au travail forcé. Près de 61 
% des victimes proviennent d'Europe, dont la majorité de l'Europe de l'Est.

Retard du processus : pourquoi? 

Selon Mme Cecilia Malmström, deux raisons expliquent la lenteur du processus de mise en oeuvre sur le territoire de l'Union européenne.

D'une part, définir le crime est « difficile », et d'autre part, les victimes ont peur de témoigner, « parce qu'elles ne se sentent pas en sécurité ».

Seulement neuf des 27 membres de l'UE avaient intégré dans leur législation nationale la directive de l'UE selon le délai prévu, soit le 6 avril 2013. Il s'agit de la République tchèque, la Suède, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie, l'Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Finlande.

Quatre autres pays y sont presque parvenus : le Royaume-Uni, la Belgique, la Bulgarie et la Slovénie.

La commissaire assure qu'elle n'hésitera pas à « prendre les mesures nécessaires pour que cela soit fait dans les autres pays ». 

Par ailleurs, les 27 pays membres ont jusqu'au 6 avril 2015 pour remettre un rapport détaillant les dispositions prises pour se conformer à cette directive. Le retard des 18 pays risque de se répercuter sur la remise de ce rapport ainsi que sur l'évaluation de l'impact des mesures prises contre la traite d'êtres humains, due le 6 avril 2016.

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