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CVTech accuse un ex-directeur d'avoir divulgué de l'information confidentielle

31/05/2013 01:19 EDT | Actualisé 31/07/2013 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le Groupe CVTech (TSX:CVT) a accusé un ancien directeur d'avoir divulgué de l'information privilégiée, après que l'action de l'entreprise eut grimpé de 20 pour cent à la suite de la nouvelle qu'une tentative de rachat avait été rejetée à deux reprises par CVTech.

L'action de l'entreprise de Drummondville a bondi après que Gestion G. Aubert eut dévoilé qu'un entrepreneur en électricité, inscrit à la Bourse de New York, avait offert 1,95 $ par action, une prime de près de 60 pour cent par rapport au cours de clôture du titre jeudi.

L'action a atteint 1,50 $ en cours de séance, un sommet en près de deux ans. Elle se transigeait à 1,48 $ lorsque les échanges ont été interrompus pour la journée, un gain de 25 cents par rapport à la veille.

Gestion G. Aubert, qui est la propriété de Guy Aubert, détient 14 pour cent des actions de CVTech, ce qui en fait le deuxième principal actionnaire. CVTech offre divers services dans le secteur de la distribution électrique.

Guy Aubert affirme que l'entrepreneur américain, dont le nom n'a pas été révélé, avait d'abord offert 1,65 $ par action le 30 janvier dernier. L'offre a été bonifiée au mois de mars, mais CVTech l'a tout de même rejetée.

M. Aubert soutient que l'offre était «significative» et qu'elle aurait dû être acceptée par le conseil d'administration de CVTech.

«À tout le moins, les actionnaires auraient dû être informés et ils auraient dû pouvoir décider si la compagnie devait être vendue», écrit M. Aubert, dans sa lettre distribuée aux actionnaires.

CVTech affirme que la missive d'Aubert, qui a démissionné comme administrateur de l'entreprise le 24 janvier, contient «de l'information inexacte et incomplète».

Après avoir reçu une offre conditionnelle et non contraignante le 19 décembre 2011, CVTech a avisé l'investisseur américain qu'elle allait solliciter des offres concurrentes. L'investisseur a alors retiré son offre.

Le conseil d'administration a lancé, en 2012, un examen d'alternatives stratégiques. CVTech affirme que le processus a été «abruptement interrompu» lorsque M. Aubert a initié une guerre de procurations lors de l'assemblée annuelle de mai 2012.

Après avoir reçu une nouvelle offre, en janvier, qui comprenait des conditions moins favorables, CVTech a décidé de rejeter la proposition.

L'entreprise affirme que la troisième offre qu'elle a reçue était en-deçà de la valeur déterminée par un comité indépendant chargé d'évaluer l'entreprise.

Le conseil d'administration a alors décidé de se concentrer sur son plan d'affaires qui comprend des acquisitions stratégiques pour accroître la portée géographique de ses activités et son expertise plutôt que de «continuer d'investir temps et l'argent» sur des propositions insuffisantes.

«La direction de la Société estime que les interventions répétées de M. Aubert entravent les efforts du Conseil et le détourne de son mandat principal qui est celui de faire croître la valeur de la Société par la croissance interne et par acquisition», peut-on lire dans un communiqué diffusé après la fermeture des marchés, vendredi.

CVTech ajoute que les interventions de Guy Aubert ont affecté le moral des employés et nuisent à l'image de l'entreprise.

Pierre Lacroix, analyste chez Desjardins Marché des capitaux, a qualifié l'offre rejetée de «positive» parce qu'elle démontre la valeur réelle des actions de CVTech.

«Notre analyse est basée sur le fait que CVTech peut créer de la valeur en se consolidant dans la transmission, la distribution, la construction et l'entretien d'installations», écrit M. Lacroix.

L'importance de CVTech dans son marché principal, notamment au Québec où elle contrôle le tiers du marché, fait en sorte qu'elle soit une cible de rachat intéressante pour des investisseurs, ajoute l'analyste.

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