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Croissance de 2,5 pour cent au Canada pour les trois premiers mois de 2013

31/05/2013 08:55 EDT | Actualisé 31/07/2013 05:12 EDT

OTTAWA - L'économie canadienne a fortement rebondi après six mois de croissance décevante, affichant une progression de 2,5 pour cent pour les trois premiers mois de l'année et s'engageant fermement dans le chemin de la reprise.

Statistique Canada a en outre révisé ses chiffres pour 2012 et fait maintenant état d'une croissance de 0,9 pour cent du produit intérieur brut (PIB) pour le quatrième trimestre, plutôt que 0,6 pour cent, et de 0,8 pour cent au troisième, plutôt que 0,7 pour cent.

La période de janvier à mars devient la meilleure performance trimestrielle de l'économie depuis 2011, tandis que la croissance de 0,2 pour cent observée en mars représente un tremplin intéressant pour le reste de l'année.

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a accueilli la nouvelle avec prudence.

«Le chômage a atteint un sommet dans l'Union européenne. C'est un autre rappel de la fragilité de la reprise mondiale et des menaces externes qui pèsent sur le Canada», a averti M. Flaherty.

Les analystes ne considèrent pas non plus que l'économie canadienne est sur une lancée. Ils précisent que la majorité de la croissance s'explique par des exportations exceptionnellement élevées, en particulier dans le secteur des ressources naturelles.

«Nous sommes heureux des 2,5 pour cent de croissance par rapport aux attentes plus tôt cette année», affirme Derek Holt, des études économiques de la Banque Scotia.

«Cela dit, la situation est fragile en raison du rôle important joué par les activités d'extraction minière, pétrolière et gazière. Le rythme de la croissance de la production et des exportations dans ces secteurs ne va probablement pas se poursuivre.»

L'économiste Jimmy Bean, de Desjardins Marché des capitaux, a écrit dans une note que le prochain gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, n'allait probablement pas être rassuré par les résultats lorsqu'il prendra la parole pour la première fois en tant que gouverneur, jeudi, devant le comité des Finances de la Chambre des communes.

Pour M. Bean, le plus préoccupant est le léger déclin des investissements des entreprises dans les machines et les équipements.

«Cela renforce notre opinion qu'il n'y aura pas de bonne raison d'augmenter les taux d'intérêts avant 2014», affirme l'analyste.

La Banque du Canada avait prévu, mercredi, que le premier trimestre serait meilleur que la prévision de 1,6 pour cent qu'elle avait initialement annoncée. La Banque n'a toutefois pas changé sa prédiction de 1,5 pour cent pour le reste de l'année.

L'économie américaine a vécu un ralentissement au second trimestre en raison d'une diminution des dépenses publiques, de la récession qui perdure en Europe et du ralentissement en Chine. Certains croient que la Canada ne pourra pas continuer à faire mieux que le reste du monde.

«On ne s'attend pas à une envolée au deuxième trimestre», affirme Doug Porter, l'économiste en chef de la Banque de Montréal. Il ajoute que les nouvelles pourraient être meilleures vers la fin de l'année et en 2014 si l'économie américaine reprend de la vigueur.

Des analystes croient que l'économie canadienne vit une période de transition difficile d'une croissance appuyée par la construction résidentielle et la consommation, vers une économie qui dépend des exportations et des investissements d'entreprises.

Il y a des preuves de ce changement dans les résultats du premier trimestre.

La demande intérieure finale a été anémique à 0,6 pour cent alors que les dépenses de consommation n'ont pas dépassé les 0,9 pour cent. De son côté, la construction résidentielle s'est contractée de 4,7 pour cent sur une base annuelle.

La majorité de la croissance vient des exportations, qui ont représenté 1,4 pour cent de la progression d'ensemble du PIB.

L'extraction minière, l'exploitation en carrière et l'extraction de pétrole et de gaz a augmenté de 1,2 pour cent et les services publics de 2,1 pour cent.

La contribution du secteur public est mitigée.

«Alors que les dépenses gouvernementales en biens et services étaient étonnamment fermes, avec une croissance de 2,3 pour cent, les dépenses en immobilisations du gouvernement ont diminué à un rythme de deux pour cent», remarque Emanuella Enenajor, économiste chez Marchés mondiaux CIBC.

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