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New York: des lettres empoisonnées liées au débat sur les armes à feu

30/05/2013 11:23 EDT | Actualisé 30/07/2013 05:12 EDT

Les enquêteurs recherchaient activement jeudi l'expéditeur de deux lettres anonymes contenant apparemment de la ricine, dont l'une a été envoyée au maire de New York Michael Blooomberg avec des menaces clairement liées à ses positions contre les armes à feu.

La deuxième lettre, identique, était adressée au directeur de l'organisation des "Maires contre les armes à feu illégales", un lobby basé à Washington, co-fondé par M. Bloomberg.

"Les premiers tests ont indiqué la présence de ricine" a indiqué le porte-parole de la police de New York, Paul Browne.

La ricine est le poison le plus violent du règne végétal, qui peut être mortel, même en très petite quantité. Un dixième de grammes suffit pour tuer un homme de 100 kilos. Il n'existe pas d'antidote.

L'expéditeur des lettres "menaçait le maire (Michael) Bloomberg, en faisant référence au débat sur la réglementation des armes" à feu, a ajouté M. Browne.

Les deux lettres, tapées sur un ordinateur, avaient toutes les deux été envoyées de Louisiane (sud) et portaient le tampon de la ville de Shreveport, daté du 20 mai.

M. Bloomberg, que la lettre n'a jamais approché, est un milliardaire de 71 ans très impliqué dans la lutte contre les armes à feu. Il a dépensé des millions de sa fortune personnelle pour soutenir des candidats favorables à une plus stricte réglementation des armes.

Et il a été l'une des personnalités politiques les plus déterminées, dans le débat qui a suivi le massacre de 20 enfants et six adultes dans leur école de Newtown (Connecticut, nord-est) en décembre.

Le 24 mars, avant le rejet de la réforme des lois sur les armes par le Sénat américain, M. Bloomberg avait également annoncé qu'il lançait une campagne publicitaire de 12 millions de dollars à l'échelle nationale pour contrer l'influence de la NRA, le puissant lobby des armes aux Etats-Unis.

Il s'est montré peu impressionné par ces courriers empoisonnés.

"Pourquoi ont-ils fait ça, je ne sais pas. La lettre faisait clairement référence à nos efforts contre les armes à feu. Mais il y a 12.000 personnes qui vont être tuées cette année par des armes à feu, et 19.000 qui vont se suicider avec des armes à feu, et nous n'allons pas arrêter nos efforts", a-t-il déclaré.

"Non, je ne suis pas en colère. Il y a des gens qui font des choses irrationnelles, qui sont mauvaises", a-t-il ajouté.

L'enquête est menée par la section antiterroriste de la police fédérale (FBI) et la police de New York.

L'auteur des lettres affirme en substance que le droit de posséder des armes "est un droit divin", et qu'il faudrait que le gouvernement le tue avant qu'il y renonce, selon ABC News.

M. Bloomberg n'a jamais vu la lettre qui lui était adressée, qui a été ouverte vendredi dernier à New York. Mais plusieurs policiers new-yorkais qui ont manipulé ce courrier dans un bureau de Manhattan présentaient samedi "des symptômes mineurs d'exposition à la ricine", qui ont depuis diminué, selon M. Browne.

La deuxième lettre a été ouverte dimanche par Mark Glaze, le directeur de l'organisation des "Maires contre les armes illégales". Il n'a montré aucun symptôme.

Des lettres empoisonnées, contenant de la ricine avaient déjà été envoyées en avril au président Barack Obama, à un sénateur et à un juge américains. Elles avaient été découvertes avant de parvenir à leurs destinataires, mais la révélation de ces envois, peu après le double attentat du marathon de Boston (Massachusetts, nord-est) le 15 avril, avait provoqué un vif émoi aux Etats-Unis.

Un premier suspect avait été arrêté puis mis hors de cause, avant l'interpellation d'un deuxième suspect. Des traces de ricine ont été retrouvées dans sa salle d'arts martiaux.

bd/are

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