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Mutek: Herman Kolgen présente Train Fragments ce soir (ENTREVUE)

30/05/2013 05:33 EDT | Actualisé 30/05/2013 05:37 EDT
Sarah-Emilie Nault

Herman Kolgen, artiste multimédia basé de Montréal, est un habitué du festival Mutek. C’est grâce à lui, qu’il a plongé, il y a maintenant 13 ans, dans le monde de la performance. Ce soir, pour la seule et unique fois à Montréal, il présentera Train Fragments, une expérience audiovisuelle inspirée par le quatuor à corde Different Trains de Steve Reich. Rencontre avec un artiste passionnée et passionnant.

“Ce soir, ce sera assez spécial. Même dans ma démarche à moi, c’est le premier projet où je travaille avec des musiciens live et non avec des machineries et de l'électronique, explique Herman Kolgen. Là, je travaille avec des percussionnistes qui sont déjà habitués à jouer avec la musique de Steve Reich.”

Les racines de ce projet datent d’il y a trois ans, alors qu'on lui avait commandé un projet à présenter en France. Un espèce d’hommage à Steve Reich. « C'est de là que vient le lien avec Reich, dit-il. On m'avait demandé de faire le visuel de cette soirée, chose que je ne faisais jamais avant. Mais comme Steve Reich faisait partie de mes idoles au même titre que Jimmy Hendrix ou Led Zeppelin, je ne pouvais pas dire non.”

De fil en aiguille, on lui demande de refaire ce projet, un peu partout à travers le monde. À force de voyager, l’artiste délaisse un peu la pièce Different Trains de Reich pour ne garder que le coeur de l'inspiration: la façon de travailler de Steve Reich, très répétitive et cyclique, qu’il adapte à sa façon. « D’une façon plus actuelle”, précise-t-il.

Kolgen garde l’aspect « catastrophe » et replace la guerre par ce que l’on pourrait imaginer être un déraillement de train.

« J’ai gardé de Reich, l'approche de la musique, les trains et le souvenir de quelque chose de grave s'étant produit dans l'histoire. Le reste, je l’ai complètement retravaillé à ma façon, avec de nouvelles images », ajoute-t-il.

Lui-même percussionniste depuis l’âge de 12 ans, il était important pour Herman Kolgen de travailler avec des nouveaux musiciens et percussionnistes dans chaque pays où il se rend. « Je travaille avec les musiciens du pays ou même de la ville où je suis et même parfois leurs propres instruments typiques», explique-t-il.

“J'ai décidé de travailler avec de la percussion parce que cela va tellement bien avec le train. La ferraille, le grincement du train, la rapidité, les plaques de métal… Puis, tout a commencé à fusionner pour donner une nouvelle entité qui est devenu Train Fragments, une performance au son plus industriel et au métal qui chauffe.”

S’il s'est volontairement éloigné de Steve Reich, l’artiste promet que l’on « peut toujours sentir profondément les racines dans son œuvre. »

Les défis majeurs de Train Fragments? « Je ne veux pas arriver et m’imposer aux musiciens. Je veux qu’ils m’apportent quelque chose, qu’ils arrivent avec leur sensibilité. Par contre, nous avons si peu de temps de répétition», déplore-t-il.

L’artiste se retrouvera sur scène le temps des trois premières minutes de son spectacle, lors d’une intro dont il a récemment eu l’idée, sorte de prémisse à la performance. « Je tente cela, j’avais le goût d’apporter une autre couleur, quelque chose de vraiment dangereux et sans image, avant que tout ça parte. Une sorte de fissure dans le noir», dit-il visiblement excité.

Avec quatre télégraphes utilisés comme instruments en émettant des codes morses, des percussionnistes qu’il tentera d’inclure à même les images et des projections aux allures des plus réalistes, celui qui se voit un peu comme le metteur en scène ou le chef d’orchestre de ce projet ne souhaite qu’une chose pour ce soir : que tout aille dans une certaine direction, une direction emplie d’émotions et de joyeux (et moins-joyeux) fragments.

Train Fragments est présenté en grande première (et uniquement ce soir à Montréal) au Monument-National à 20h.

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