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Le Chili et la Corée du Sud sont considérés comme des 'pays sûrs' par Ottawa

30/05/2013 02:25 EDT | Actualisé 30/07/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Le Chili et la Corée du Sud sont désormais considérés comme des «pays sûrs» par Ottawa, rendant les demandes d'asile des citoyens de ces deux pays beaucoup plus difficiles.

L'annonce a été faite jeudi, le jour où le premier ministre Stephen Harper accueillait le président chilien Sebastián Piñera au Parlement, à Ottawa.

C'est un changement notable puisque le Chili, à l'époque du règne de Pinochet, a produit un grand nombre de réfugiés politiques qui fuyaient le pays. Bon nombre s'étaient installés au Québec dans les années 1970, après le coup d'état de 1973 contre le président Salvador Allende qui avait été suivi d'une période de répression, de torture institutionnalisée sur les opposants au régime et d'assassinats.

Cette désignation de «pays sûrs» était prévue dans la réforme du système d’octroi d'asile effectuée par le gouvernement en décembre dernier.

Elle signifie que le Canada considère que ces pays, des démocraties, ne sont habituellement pas source de réfugiés.

Mais elle comporte bon nombre de conséquences négatives pour les demandeurs de statut de réfugié.

Par exemple, si leur demande d'asile est refusée, ils n'auront pas la possibilité d'en appeler de cette décision devant l'instance d'appel comme les autres réfugiés. Ils seront aussi déportés beaucoup plus rapidement. Leur demande de statut devra être formulée dans des délais plus courts, soit de 30 à 45 jours, leur laissant moins de temps pour se préparer.

Ottawa dit vouloir mettre un frein aux demandes d'asile frauduleuses qui coûtent très cher aux Canadiens.

«Le nouveau système canadien d'octroi de l'asile offre une protection plus rapide aux réfugiés légitimes, tout en renvoyant plus rapidement du pays les demandeurs d'asile dont la demande n’est pas fondée», a affirmé le ministre de l'Immigration Jason Kenney dans un communiqué transmis jeudi.

Avec ces deux ajouts, 37 pays figurent désormais sur la controversée liste d'Ottawa.

La réforme du système de réfugiés a eu son lot de critiques depuis qu'elle a été annoncée.

Ses opposants ont fait valoir que même si ces réfugiés en provenance de «pays sûrs» peuvent toujours formuler une demande — avec des privilèges en moins — le tort est déjà fait. Car le fait de provenir d'un pays jugé sûr entraîne un préjugé contre la légitimité de leur demande, a affirmé dans le passé Amnistie Internationale.

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