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Irak: 26 morts dans de nouvelles violences

30/05/2013 12:30 EDT | Actualisé 30/07/2013 05:12 EDT
AFP

BAGDAD- 26 personnes ont été tuées dans une série d'attaques et attentats à la voiture piégée jeudi en Irak, où les violences ont fait près de 600 morts depuis le début du mois.

Alors que les derniers mois ont connu une recrudescence nette des violences sur fond de grave crise politique, l'ONU a appelé les dirigeants irakiens à se réunir au plus vite pour résoudre leurs divergences, et ne pas permettre aux insurgés de les exploiter.

"Je suis sérieusement inquiet", a déclaré à l'AFP l'émissaire spécial de l'ONU en Irak, Martin Kobler, joint par téléphone à Berlin.

"Cela peut s'aggraver, et c'est pourquoi je recommande fortement de stopper l'effusion de sang", a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'un accord politique pour sortir de l'impasse actuelle.

S'"il y avait un accord politique, l'état de la sécurité serait meilleur", a-t-il dit.

Le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari a également souligné la nécessité d'un accord politique.

Il est "de la responsabilité du gouvernement de redoubler d'efforts pour revoir sa stratégie sécuritaire (...) et d'empêcher cela de dégénérer en guerre confessionnelle" entre sunnites et chiites, a-t-il ajouté au cours d'une conférence de presse à Bagdad.

Jeudi matin, quatre voitures piégées ont explosé dans le centre et le nord-est de Bagdad, tuant huit personnes et blessant 34 autres, tandis que deux autres explosions ont fait un mort et 10 blessés dans la capitale, selon des responsables des services médicaux et de sécurité.

Deux membres de la police des frontières ont également été tués par balles dans une embuscade le long de la principale autoroute entre l'Irak et la Jordanie.

A Mossoul (nord), trois policiers ont péri tôt jeudi dans un attentat suicide à la voiture piégée.

Mercredi, les violences avaient fait 28 morts, dont 16 personnes tuées dans un attentat visant une cérémonie de mariage. Les forces de sécurité ont interdit à la presse jeudi l'accès à l'enterrement des victimes de cette attaque.

Depuis début mai, au moins 590 personnes ont été tuées et plus de 1.000 blessées dans des attaques, selon des données compilées par l'AFP à partir des informations fournies par des sources de sécurité et médicales.

Le pays connaît depuis le début de l'année une spirale de violences dont le début coïncide avec une mobilisation de la minorité sunnite pour dénoncer sa marginalisation par le gouvernement dirigé par les chiites.

Manifestations et violences ont fait craindre une résurgence du conflit confessionnel qui a déchiré le pays après l'invasion américaine, même si on reste encore bien en-deça du pic atteint dans en 2006-2007, quand les violences faisaient plus d'un millier de morts chaque mois.

Au quotidien, les sunnites estiment que cette stigmatisation s'exprime en particulier dans l'utilisation systématique de l'arsenal législatif antiterroriste à leur encontre.

Des analystes estiment que ce mécontentement alimente les violences, alors que se multiplient attentats contre des mosquées chiites et sunnites, des marchés bondés ou des pèlerins chiites.

Le gouvernement a certes lâché du lest depuis le début du mouvement de contestation sunnite en libérant des prisonniers et en augmentant le salaire des milices sunnites anti-Qaïda, mais il ne s'est pas attaqué aux racines sociales de la frustration.

Face à cette flambée de violence, le gouvernement a décidé mardi d'"agir contre toutes les milices qui commettent des actes hors la loi" et appelé "les forces politiques à assumer leur responsabilité face au regain de violences et à tenir une réunion de concertation à ce sujet".