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Fin de la pauvreté et économie verte: nouveaux objectifs mondiaux pour 2030 (ONU)

30/05/2013 04:12 EDT | Actualisé 30/07/2013 05:12 EDT
AP

L'ONU doit se fixer comme objectifs prioritaires d'ici à 2030 d'éradiquer l'extrême pauvreté dans le monde et de promouvoir "l'économie verte", estime un groupe d'experts coprésidé par les dirigeants du Royaume-Uni, d'Indonésie et du Libéria.

Selon leur rapport, la promotion des femmes, la lutte contre les inégalités et la corruption, la prévention des conflits ainsi que la "bonne gouvernance" sont essentielles pour "croire qu'un monde meilleur est à notre portée".

Le texte, remis jeudi au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et à l'Assemblée générale, a été élaboré par 27 personnalités --dont le Premier ministre britannique David Cameron, le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono et la présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf-- chargées de définir de nouveaux objectifs de développement durable pour 2015-2030.

Cette initiative avait été lancée au sommet Rio+20, tenu du 20 au 22 juin 2012.

Ces nouveaux objectifs devront être précisés et entérinés par les gouvernements dans les deux années à venir. Ils ne seront pas contraignants mais devront "être suivis attentivement (...) pour s'assurer que personne n'est laissé de côté", expliquent les auteurs.

Il s'agit de prendre le relais des objectifs du Millénaire de 2000 (OMD), qui ne seront pas atteints à leur échéance prévue de 2015, en partie en raison de la crise économique qui a réduit l'aide publique au développement.

Le rapport constate cependant que les 13 dernières années ont connu "la plus rapide réduction de la pauvreté dans l'histoire de l'humanité": il y a désormais "un demi-milliard de personnes en moins vivant sous le seuil" de 1,25 dollar par jour.

Par rapport aux OMD, il s'agit de "placer le développement durable au coeur des débats". "Nous devons agir maintenant pour stopper la progression alarmante du changement climatique et de la détérioration de l'environnement, qui constituent une menace sans précédent pour l'humanité", avertissent les auteurs. "Le changement climatique déterminera si nous pouvons ou non réaliser nos ambitions" car les pauvres "sont les plus durement touchés".

Le rapport dresse une liste de 12 priorités, assortie de 54 "cibles au niveau national", à préciser ensuite de manière chiffrée.

Outre la pauvreté, l'accent est mis sur l'égalité homme-femme, l'éducation (tout enfant devra savoir lire, écrire et compter), la santé (mettre fin aux décès évitables chez les enfants de moins de cinq ans), la sécurité alimentaire et l'accès universel à l'eau.l

Il faut aussi "créer des emplois durables" et une "croissance équitable", "doubler la part de l'énergie renouvelable dans le système énergétique mondial", et "gérer les richesses naturelles de façon durable" (lutter contre la déforestation, protéger la biodiversité).

Le document préconise de "maintenir l'élévation de la température mondiale au-dessous de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, conformément aux accords internationaux".

Les pays riches devront s'efforcer de consacrer 0,7% de leur produit national brut à l'aide au développement --en réservant une part allant de 0,15% à 0,20% aux pays les plus pauvres-- et de "réduire les flux illicites de capitaux et la fraude fiscale".

Partisans d'un commerce "ouvert et équitable", les auteurs proposent de "réduire considérablement" les subventions agricoles, "tout en améliorant l'accès au marché des produits de pays en voie de développement".

Enfin, ils constatent "les effets dévastateurs des conflits et de la violence sur le développement" et considèrent "la paix et la bonne gouvernance comme des éléments essentiels du bien-être".

Le groupe de travail comprenait des personnalités diverses telles que la reine Rania de Jordanie, l'épouse de Nelson Mandela Graça Machel, ou l'ex-directeur général de l'Agence française de développement Jean-Michel Severino.

avz/sam

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