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Sécurité: Softbank donne des gages à Washington pour s'allier avec Sprint

29/05/2013 01:28 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT

Le groupe japonais Softbank a donné des gages à Washington pour calmer les craintes pour la sécurité nationale suscitées par son projet d'alliance avec le numéro 3 américain de la téléphonie mobile Sprint, sur fond d'essor des cyber-attaques aux Etats-Unis.

L'opération à 20 milliards de dollars, qui donnerait à Softbank le contrôle de 70% de Sprint, était examinée par le comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS). Les deux groupes ont annoncé mercredi son feu vert, mais au prix d'un droit de regard important du gouvernement sur une partie de leurs activités.

Washington donnera son aval à la nomination d'un des membres du futur conseil d'administration de Sprint, qui sera plus spécialement chargé de superviser les questions liées à la sécurité nationale, détaille un document publié sur le site du gendarme boursier américain (SEC).

Cet administrateur devra avoir déjà de l'expérience en ce domaine, être de nationalité américaine et résider aux Etats-Unis.

Washington avalisera aussi les contrats passés par Sprint avec "certains fournisseurs d'équipements de réseau et prestataires de services".

Cette dernière disposition vaudra également pour le fournisseur d'accès à internet Clearwire si Sprint concrétise son projet de racheter la moitié du capital qu'il ne détient pas encore. Washington pourra dans ce cas réclamer le retrait d'ici fin 2016 de "certains équipements utilisés dans le réseau de Clearwire".

Les documents publiés n'ont pas identifié les fournisseurs concernés, pas plus que des porte-parole de Sprint et Clearwire contactés par l'AFP.

Clearwire a toutefois confirmé qu'il utilisait des équipements du groupe chinois Huawei, rappelant avoir indiqué en octobre vouloir "réduire de manière importante le poids (de Huawei) dans son réseau LTE", de quatrième génération.

Même s'ils ne sont pas nommés directement, la Chine et plus particulièrement Huawei, deuxième fournisseur mondial d'équipements de réseaux télécoms derrière le suédois Ericsson, sont au coeur des préoccupations de Washington.

"La menace identifiée est la Chine" et "les tentatives de la Chine pour pénétrer la sécurité américaine", indique à l'AFP Robert Enderle, un analyste spécialisé dans le secteur technologique.

L'accord passé avec Washington "devrait protéger le gouvernement, les entreprises et les citoyens (américains) de la menace d'espionnage chinois", souligne aussi un autre expert du secteur, Jeff Kagan.

Les Etats-Unis ont été victimes ces derniers mois d'une recrudescence d'attaques informatiques, et accusent Pékin d'y jouer un rôle.

Huawei avait été considéré l'an dernier, avec son compatriote ZTE, comme une menace potentielle à la sécurité des Etats-Unis par une commission du Congrès, en raison de liens réels ou supposés avec le gouvernement chinois. Certains experts jugent aussi ses routeurs trop perméables aux intrusions.

Le groupe chinois a quand même signé ces derniers mois de nombreux contrats en Europe. Les autorités australiennes en revanche partagent les inquiétudes américaines et lui ont interdit l'an dernier de déposer une offre pour un programme d'internet à haut débit.

"Les chances qu'il y ait un logiciel hostile dans les routeurs chinois sont faibles, mais cela pourrait changer, et retirer ces routeurs peut donc sembler prudent", selon M. Enderle. Pour lui, le gouvernement a eu "une approche équilibrée" et "Softbank était obligé d'accepter".

Un obstacle majeur est désormais levé, mais le groupe japonais doit encore obtenir l'aval du régulateur américain des télécoms (FCC) et convaincre les actionnaires de Sprint que son offre est meilleure que celle déposée depuis par le bouquet satellitaire américain Dish Networks.

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