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«&nbsp;C'est un <em>move</em> de course&nbsp;» - Tagliani

29/05/2013 11:12 EDT | Actualisé 29/07/2013 05:12 EDT

Alexandre Tagliani n'est pas homme à se cacher derrière de fausses excuses. Il admet avoir été surpris par Sébastien Bourdais, ce qui a provoqué sa perte à Indianapolis.

Un texte de Philippe Crépeau

Le pilote québécois de l'équipe Bryan Herta Autosport roulait dans le top 10 avec moins de 40 tours à parcourir dans l'épreuve, quand Bourdais l'a surpris dans le virage no 1. Tagliani, déporté, à touché le mur et a plié sa suspension arrière. Retour aux puits pour la réparation, et au final, le 24e rang.

Avant l'incident, Tagliani faisait tout pour rester dans le peloton de tête, mais avait du mal à garder le rythme. Retour sur une occasion manquée.

« La vérité, comme mon ingénieur le dit, c'est qu'on a pas mal tout fait, explique Tagliani à Radio-Canada Sports, mais on était en déficit au niveau du moteur. C'était clair. On était juste bon quand on roulait à fond, les 15 premiers tours d'une séquence, quand on ne lâchait jamais l'accélérateur avec des pneus neufs, on était capable de dépasser des voitures. 

« Après, quand on se faisait retarder dans les virages, on devait rétrograder, et on n'avait pas de couple en sortie de virage, et on était une cible facile pour les voitures à moteur Chevrolet. Ça paraissait dans les relances, dans les reprises en sortie de virage qu'on était très désavantagé. Le moteur a beaucoup de puissance, mais seulement à haut régime et quand on est à fond », analyse Tagliani.

« Donc, on peut être quand même fiers de ce qu'on a fait… jusqu'au "move" samouraï de Bourdais. C'était décevant. Je n'ai pas été capable de récupérer la voiture. Il est rentré tellement à la dernière minute dans le virage no 1 que je me suis retrouvé dans le gris, et je n'ai pas été capable de ne pas monter vers le mur, et la voiture a à peine touché le mur, mais ça a suffi pour que la suspension crochisse.

« C'était un dépassement qu'on fait au 199e tour (sur 200). Mon spotter m'a dit: "inside, inside, inside!" (à l'interieur). Ça ne pouvait pas être plus catastrophe que cela. C'était trop tôt dans la course pour faire ça, et prendre le risque de sortir quelqu'un, j'ai trouvé ça dommage. Mais ça fait partie de la course. Cette fois, je me suis trouvé à l'extérieur. C'est un move de course, et il faut que tu vives avec. »

Tagliani a donc été surpris, et accepte le blâme, mais il pouvait difficilement faire autrement.

« Sur ovale, en début de course ou après les relances, quand ils nettoient la piste, il y a de la place pour rouler deux de large, mais après 45 tours que tu roules sans neutralisation, il y a des rebuts de gommes, et il n'y a plus qu'une ligne. Il n'y a plus de place à l'extérieur. Si tu décides au dernier moment de rentrer en dedans, l'autre ne peut pas ralentir pour te laisser passer, tu l'envoies dans les rebuts, et c'est là que j'étais, et je ne pouvais plus tourner. Il était là!

« J'ai été stupide, car quand j'ai entendu "inside, inside, inside", j'ai été respectueux, et je lui ai donné de la place. Non, en fait, je n'ai pas été stupide, car si je ne lui donne pas de place, les deux on sort, et je tape le mur solide. On ne peut pas toujours se remettre en question une fois que les choses sont arrivées. J'essaie de ne pas conduire en salaud durant la course. Il faut tourner la page et passer à autre chose. Tu sais, "what goes around, comes around" dans la vie. »

(NDLR: expression qu'on pourrait traduire en français par: tout ce que vous provoquez revient vous hanter.)

Alexandre Tagliani retrouve dès cette fin de semaine la réalité d'une course sur circuit urbain, à Détroit, avec une grande inconnue: un programme double. Il s'agit du nouveau format que l'IndyCar a mis sur pied pour la saison 2013, soit deux courses en deux jours.

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